Festivals de Cinéma

Un week end festivalier (day 2)

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Ravie de ma première journée ciné organisée dans le cadre du Champs Elysées Film Festival, je décide donc de poursuivre l’aventure et de suivre, tant bien que mal, le planning que je m’étais fixé.

C’est donc vers le cinéma Le Balzac que je me dirige afin de visionner le dernier film d’Emmanuelle Bercot (co scénariste de Polisse) Elle s’en va. La séance fût introduite par la réalisatrice herself qui a pris le temps de partager quelques mots avec nous dans une ambiance des plus décontractées et chaleureuses comme vous pourrez le voir en visionnant la vidéo ci-dessous.

 

Premier fait : Elle s’en va est né de la volonté de filmer Catherine Deneuve.

Second fait : Elle s’en va est un road movie et vient prouver que l’on peut porter à l’écran un vrai road movie avec une actrice aussi classe que Catherine Deneuve (non le road movie n’est pas réservé aux acteurs d’Hollywood !)

Troisième fait : je n’ai pas été émue de la sorte depuis bien longtemps.

Dès le premier plan, Catherine Deneuve est déjà là, de dos, les cheveux dorés par le soleil, seule en haut d’une falaise. Sa solitude est palpable, son envie de, si ce n’est effectuer le grand saut au sens propre, échapper à cette vie qui ne lui convient pas (plus ?) est criant.

Catherine Deneuve sera ensuite de chaque plan ou presque, filmée de dos, de face, de profil… mais en tout cas avec un amour et un respect (quasi) sans précédent.

Le pitch est simple : Bettie (Catherine Deneuve) tient une auberge en Bretagne et vit seule avec sa mère qui régit quelque peu sa vie. Un jour, en plein service, fatiguée de tout, Bettie prend sa voiture pour aller faire un tour… Ce qui devait être un tour du pâté de maisons va s’éterniser…

Car oui Bettie part à l’aventure. D’abord sans savoir où, elle roule et commence à retrouver ses esprits. Les plans sont sublimes : je n’avais jamais vu Catherine Deneuve exprimer autant d’émotions. On la sent peu à peu se « restructurer ». Les quelques rencontres qu’elle fera lors de son périple lui permettent de s’épancher, de se confier ou parfois simplement d’échanger sur des sujets simpes mais qui lui rappellent à quel point elle s’était coupée du monde, enfermée avec ses problèmes.

La voir revenir à la vie au côté de ces personnes croisées au hasard d’un route, d’un arrêt d’autoroute ou plus encore, aux côtés de son petit fils est une pure merveille.

Ce film tout en douceur, rires parfois et délicatesse toujours, nous rappelle à quel point nous avons besoin de prendre du recul sur notre vie, sur ce qu’il nous arrive, sur nos choix et sur nos certitudes.

Avoir pris ces chemins de traverses fût pour Bettie l’occasion de se recentrer, de se retrouver et même de débuter un nouveau pan de vie, délestée de tous les poids morts qu’elle trainait.

C’est magnifique. Exactement ce que j’aime dans le cinéma. Une réflexion sur la vie, sur le temps qui passe et qui nous laisse souvent nous empêtrer dans des situations qui ne nous satisfont pas ou plus.

La vie par nature nous demande d’avancer sans cesse, sans se retourner et il est vrai que c’est là, la base pour suivre le mouvement et rester dans la danse mais cette histoire vient nous rappeler que nous avons besoin, parfois, de prendre le large, la route – à chacun sa manière ! – afin de faire le vide et repartir d’un bon pied.

Catherine Deneuve est divine de douceur, de fantaisie, de gentilesse, de charme et de fougue.

Le film sort en salle le 18 septembre prochain, vous ne voulez pas le manquer, j’en suis sure.

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Le temps de me diriger vers un autre cinéma de l’Avenue : le Lincoln (que j’ai découvert pour l’occasion), de prendre ma place, de me trouver un siège bien confortable que la séance suivante commence. Là aussi introduite par la réalisatrice (et dire que Cannes fût une fois de plus le théâtre de lourdes critiques dans le mesure où une seule femme faisait partie de la sélection officielle… les femmes réalisatrices sont pourtant dans la place, je vous le confirme). j’ai vu It felt like love, une fable magnifique sur l’adolescence et sur les premiers émois de la jeunesse, période de vie propice à toutes les erreurs de calcul et de jugement.

It felt like love est un premier film déjà présenté en compet’ au Festival du film indépendant US Sundance… Rien que cela prouve déjà la qualité du film (Sundance ne déniche que les pépites à mon sens). Sa réal (une petite trentaine) nous expliquait qu’elle avait filmé dans la maison de ses parents en août dernier un peu à l’arrache comme on pourrait dire, avec un budget minime.

Ce qui est beaucoup moins réalisé à l’arrache cela dit, c’est son scénario : parfaitement maîtrisé de bout en bout à mon goût. Eliza Hittman (la réalisatrice) filme l’adolescence, cette tranche de vie à part, comme séparée du reste de notre existence, qui entraine certaines personnes sur des terrains assez glissants.

Lila est une jeune fille de 16 ans tout au plus qui passe l’été chez elle, à Brooklyn. Elle traine avec sa meilleure amie et le copain de cette dernière mais s’ennuie ferme. Leurs journées se ressemblent toutes et Lila semble ne pas trouver sa place.

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Alors que sa copine déambule en bikini, le corps doré par le soleil de l’été, Lila, elle s’enduit de crème protectrice et se cache derrière un maillot de bain destiné aux compétitions de natation. Elle n’est pas dans le coup au fond.

Un après midi, Lila va croiser la route de ce jeune homme plus âgé pour lequel elle va développer un intérêt croissant au point de tout faire pour se faire remarquer d’abord, puis aimer de lui.

Ce film nous rappelle que l’adolescence est certes l’âge des possibles mais aussi et surtout l’âge de toutes les déroutes possibles.

C’est magnifique, parfois cru mais tellement vrai et réaliste de ce que peuvent ressentir certaines jeunes filles à cet âge. Cette envie de faire partie du clan, d’être acceptée à tout prix, de faire sa place et de se sentir aimée et reconnue.

En ce sens It felt like love est un grand film car il traite de la vraie vie et des grands et petits sentiments qui la parsèment.

C’est donc ravie de mes choix cinématographiques et après un échange d’environ 15 minutes avec la réal à l’issue de la projection sous la forme d’un questions / réponses auquel bon nombre de spectateurs ont participé, que je suis rentrée, une fois encore, plein d’étoiles dans la tête.

Merci le Cinéma pour cette richesse. Merci le Champs Elysées Film Festival pour la richesse de votre sélection.

La réal et les 3 acteurs principaux parlent du film

 

 

 

 

 

 

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