AMHA (A Mon Humble Avis), Festivals de Cinéma

BFSC à Cannes 12ème : J8

Posted by Barbara GOVAERTS

Notre salut, en compétition pour la palme d’or

Assurément la Palme de la critique française.

Je comprends parfaitement l’intérêt du projet et les raisons pour lesquelles le film suscite autant d’enthousiasme. Pourtant, je dois avouer avoir davantage subi cette projection que je ne l’ai vécue.

Le temps m’a paru long. Très long. Sans que je parvienne réellement à m’accrocher à ce qui se déroulait à l’écran. Comme si le film restait constamment à distance de moi.

Et pourtant, le sujet est tout sauf anodin. Le réalisateur raconte ici l’histoire de son propre grand-père, collaborateur durant la guerre. On imagine aisément ce que la réalisation de ce film a pu représenter pour lui : un geste intime, une forme de catharsis peut-être, une tentative de regarder en face un héritage familial complexe et douloureux.

La sincérité de la démarche ne fait pour moi aucun doute.

Je reconnais également la qualité de l’interprétation, notamment celle de Swan Arlaud et plus encore celle de son épouse à l’écran. J’ai aimé ce jeu volontairement retenu, dépouillé. Aucun effet de manche, aucune recherche de performance visible. Le film cultive même parfois une proximité avec le documentaire qui lui confère une réelle crédibilité.

Mais malgré ces qualités, quelque chose m’a résisté.

Peut-être parce que le film semble porter en lui une démonstration dont les conclusions apparaissent très vite. Peut-être aussi parce que son regard sur le politique, bien que profondément humaniste, m’a parfois paru plus illustratif qu’incarné.

Reste une œuvre qui trouvera sans doute un écho particulier auprès du public français à l’approche d’échéances électorales importantes.

Car au fond, le film pose une question simple : que devient une société lorsque l’on oublie les êtres au profit des seuls indicateurs, des concepts et des logiques de gestion ?

Une question qui mérite d’être posée.

Même si, cette fois, le cinéma n’a pas suffi à me convaincre.

The man I love, en compétition pour la palme d’or

Oh non. Vraiment pas pour moi.

Le cinéma d’Ira Sachs me laisse à distance. Poseur et presque vulgaire, je n’adhère ni à sa façon de regarder ses personnages, si à sa façon de planter ses décors.

Tout me semble grossier, cliché.

Je ne sauve rien de ce film d’un manque d’intérêt certain.

Ce n’est clairment pas rendre homage au couple, à l’amour, à l’art théâtral ni au cinéma.

Je passe.

Les roches rouges, présenté à La Quinzaine des cinéastes

Bonheur de retrouver le cinéma de Bruno Dumont.

Avec ce nouveau film, tous les voyants sont au vert. Il s’en dégage un charme ravageur, presque immédiat.

Ces deux bandes d’enfants qui sautent des rochers ont instantanément embarqué mon cœur.

Ce qui me touche chez Dumont, c’est précisément cela : cette capacité à regarder ses personnages avec respect, curiosité et tendresse. Jamais il ne les réduit à ce qu’ils représentent. Il les observe, les accompagne, leur laisse toute la place nécessaire pour exister.

Le résultat est troublant. On a parfois moins l’impression de regarder des acteurs que de rencontrer des êtres humains.

Et quel rappel de ce que le cinéma peut accomplir lorsqu’il saisit quelque chose de vrai : une démarche, un regard, une hésitation, une façon d’être au monde. Encore faut-il savoir capter ce moment fragile où une personne cesse de jouer pour simplement être.

C’est de cette humanité-là dont il est question ici. Une humanité profonde, sincère, traversée d’une dignité qui fait beaucoup de bien.

Et puis il y a ce soleil.

Cette lumière qui semble envelopper les personnages autant que le film lui-même.

Comme une promesse de douceur même dans un monde difficile où il est parfois difficile de vivre dignement et correctement.

Bruno Dumont et son cinéma nous rappellent que ce sont les choses simples et vraie qui comptent.

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