AMHA (A Mon Humble Avis)

Eruption

Posted by Barbara GOVAERTS

Quel charme que ce film.

Il y a dans sa mise en scène quelque chose qui évoque la Nouvelle Vague, mais revisitée avec une sensibilité très contemporaine. On y retrouve en tout cas cette liberté de ton, ce goût pour la déambulation, pour les silences et les instants suspendus.

Le véritable personnage principal n’est peut-être pas Bethany, mais Varsovie elle-même. La ville accompagne chacun de ses pas, devient le décor vivant de ses hésitations et de ses souvenirs.

Venue y passer quelques jours avec son compagnon, la jeune Londonienne voit ressurgir une rencontre faite, ici même, quelques années plus tôt. Une femme. Un trouble. Une possibilité de vie différente.

En parallèle, le film convoque l’image de l’Etna qui entre en éruption. Une métaphore discrète mais efficace de ce qui se joue en Bethany. Car sous une apparente sérénité, tout bouillonne.

Et c’est précisément ce qui m’a plu.

Le film ne cherche jamais le fracas. Au contraire, il avance avec une infinie douceur, comme une parenthèse feutrée où les bouleversements les plus profonds s’expriment à voix basse.

Bethany vit depuis un an avec son compagnon. Elle sait qu’il s’apprête à la demander en mariage. Elle a vu la bague.

Mais quelque chose résiste.

Lui semble aimer les itinéraires tracés, les réservations faites à l’avance, les projets bien ordonnés. Elle paraît au contraire attirée par l’imprévu, les détours, les décisions prises sur un élan.

Au fond, le film évoque ce moment de bascule où l’on se demande si la vie qui s’offre à nous est bien celle que l’on souhaite choisir.

Il réussit alors une chose assez rare : faire ressentir l’ébullition intérieure sans jamais élever la voix.

Tout est calme.

Et pourtant, tout est en train de basculer.

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