Gosh, que j’ai aimé ce film ! Haut en couleurs, pop, excessif, porté par une énergie communicative, il ne nous laisse pas une seconde de répit.
Sous ses airs de comédie déjantée, le film raconte pourtant quelque chose de bien plus trouble.
Elliott décroche le poste dont il rêvait auprès d’Erika, une artiste contemporaine aussi fascinante qu’imprévisible. À peine recruté, celle-ci lui propose d’entamer une relation exclusivement sexuelle. Lui est déjà en couple, mais n’hésite pas longtemps avant de céder à cette proposition grisante.

D’abord grisé par l’intérêt que lui porte cette femme sexy et extravertie, lui le jeune homme mal dégrossi va vite se laisser dépasser par les événements.
Le film est un véritable concentré de pop culture. Tout va vite, très vite, mais sans jamais donner l’impression de courir dans le vide. Cette frénésie épouse parfaitement l’état d’esprit de son personnage principal, constamment dépassé par ce qu’il est en train de vivre.
Cooper Hoffman possède quelque chose de son père, le regretté Philip Seymour Hoffman : cette manière de faire exister les failles de ses personnages sans jamais les surjouer. Il est ici parfait dans le rôle de ce jeune Narcisse qui se noie dans son propre reflet ! Candide fragile qui joue avec le feu…
J’ai également pris beaucoup de plaisir à retrouver Charli XCX. Découverte récemment au cinéma, elle confirme qu’elle possède une vraie présence à l’écran. Il se dégage d’elle quelque chose de très singulier, à la fois naturel et tellement rock.
Quant à Olivia Wilde, elle est délicieuse dans ce rôle de femme prédatrice, extravagante en apparence, mais dont on devine rapidement les propres fragilités. J’aime lorsque le cinéma refuse de réduire ce type de personnage à une simple caricature.
Ici c’est sa façon d’être, son caratère qui affleure à chaque plan qui fait toute la différence et l’éloigne de tout cliché ridiculisant.

Au fond, derrière son esthétique pop et son humour parfois irrévérencieux, le réalisateur signe une réflexion étonnamment fine sur les jeux de pouvoir qui traversent nos relations. Qui domine vraiment ? Celui qui désire ? Celui qui est désiré ? Est-ce vraiment celui qui possède l’argent, le talent, la reconnaissance ? Rien n’est moins sûr…

Autant de questions qui affleurent sans jamais alourdir le récit.
Une très belle surprise, qui me donne surtout envie de découvrir le reste de la filmographie du réalisateur.
