AMHA (A Mon Humble Avis)

Quand l’amour fait mal

Posted by adminBarbara

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Internet a changé beaucoup de choses dans nos vies. J’ai beau faire partie de cette génération Y comme ils l’appellent et être une « digital » native, je ne suis pas moins consciente pour autant de l’impact que peut avoir Internet sur nos relations avec les autres, sur notre façon d’appréhender le monde et sur notre capacité à dévoiler nos vies…

Les réseaux sociaux et autres sites Internet ont pris une place prépondérante dans nos vies au point de devenir pour beaucoup l’unique moyen d’échange et de communication, et pour de plus de plus d’adeptes, un moyen de faire des rencontres et ce… à tout âge.

C’est le cas d’Annie, jeune ado de 14 ans qui évolue au sein d’une famille modèle. Je ne sais pas si ça veut dire grand chose mais j’entends par là qu’elle a une maman présente, un papa pris par son boulot mais qui pense toujours a bien mettre l’alarme en marche le soir avant de se coucher pour que sa famille soit à l’abris et surtout un papa toujours à l’écoute de sa fille, de ses envies et de ses passions, un grand frère qui s’apprête à partir à la fac et une petite soeur avec qui elle fait du vélo… Annie vit dans une sorte de cocon et sa vie est rythmée par les cours, les moments partagés avec sa meilleure amie et ses entraînements avec l’équipe de Volley dont elle fait partie.

Et comme toutes les ados de la terre, Annie est à un tournant de sa vie et se sent mal dans se peau. Quelle période ingrate que l’adolescence ! Elle doute, se sent moche, ne demande qu’à être acceptée par les filles « cool » du lycée et en a marre de ses soutifs de sport qui lui aplatissent la poitrine.

Alors Annie « tchate » sur Internet. C’est là justement qu’elle rencontre Charlie, de quelques années son aîné. Charlie a 20 ans et est en fac. Il est également sportif et apporte à Annie via Internet, cette confiance qu’elle avait perdue et surtout le sentiment d’être aimée, d’être belle, d’être désirée. Sauf que les choses ne sont pas aussi belles qu’elle n’y paraissent.

Bien vite va venir le temps de la rencontre « réelle » et Charlie ne va pas s’avérer être le gentil étudiant qu’il prétendait être. Charlie a 40 ans et est un prédateur sexuel ayant déjà sévi dans la région et Annie, affaiblie par les sentiments qu’elle avait développés pour lui lors de leurs nombreuses et trop régulières discussions, va tomber dans le sombre plan de cet individu.

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Ce difficile sujet qu’est la pédophilie est traité avec une grande pudeur par celui que nous connaissons plus sous les traits de Ross dans la célèbre série qui a marqué notre adolescence Friends, David Schwimmer. Trust raconte donc l’histoire de cette famille anéantie par le viol dont a été victime l’un de ses membres.

Mais le réalisateur va plus loin en prenant pour angle la plus terrible des réactions. Annie va devoir vivre un réel chemin de croix avant de prendre conscience de ce qu’elle a vécu. Comme la majorité des jeunes filles de son âge, Annie a un coeur pur et donne toute sa confiance à ceux qu’elle aime. Ainsi, elle a développé pour son prédateur des sentiments. Elle l’a même idéalisé en le voyant comme le jeune homme étudiant sportif avec qui elle allait vivre sa première histoire d’amour. Elle lui a donné sa confiance. Impossible donc de penser qu’il a pu abuser d’elle. Alors qu’une enquête est lancée par le FBI après que sa meilleure amie ait osé dévoiler l’affaire à un responsable de l’école, Annie défend son agresseur et ne peut croire aux accusations portées contre lui. Perversion des sentiments...Annie est aveuglée. La scène de viol est suggérée mais nous permet tout de même de réaliser qu’Annie est bel et bien violée, qu’elle n’est pas consentante et que cet individu abuse d’elle.

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On peut être tenté de se dire qu’Annie est bien naïve mais qui n’est pas naïf à 14 ans ! Ce film montre la perversité des sentiments et surtout la perversité d’Internet qui peut nous mener sur des chemins bien dangereux surtout à des moments difficiles de nos vies, à des périodes de doutes.

La psy qu’elle voit va d’ailleurs jouer un rôle primordial dans la reconstruction de la jeune fille. Elle va l’aider déjà à prendre conscience de l’acte abominable dont elle a été la victime et la conduire vers la recontruction.

Elle va également jouer un rôle important auprès du père (superbe Clive Owen, tout en émotion et en rage contenue). Son père se sent tellement coupable de n’avoir rien vu, de n’avoir pas pu protéger sa fille qu’il va tout faire pour retrouver l’agresseur de sa fille. Là encore, j’y ai vu une réflexion sur notre rapport à la vengeance. Ce père est tellement focalisé sur l’idée de retrouver cet individu qu’il en oublie d’être présent pour sa fille qui souffre et qui a besoin de soutien pour se reconstruire. Lorsque nos proches souffrent, lorsqu’une tierce personne a fait du mal à ceux que nous aimons, le plus important est-il de livrer vengeance envers cette tierce personne ou d’être présent et entourer notre proche qui souffre ? La question est posée et mérite réflexion.

Sans parler du viol, ce film exprime de façon extrêment touchante la difficile relation père fille qui exige à la fois une présence et un retrait nécessaires. Pas facile pour un père de voir sa fille devenir une femme et intégrer les règles d’une société basée sur le physique et dont les codes sont de plus en plus « sexuels ». Bien vu d’ailleurs d’avoir donné au père un job de « pubar » dans la mode et très belle scène que la scène durant laquelle le père prend conscience qu’il participe à cette société basée sur le sexe. Il travaille en effet pour une marque de vêtements dont la campagne de pub montre des jeunes gens dénudés posant dans des poses lascives et suggestives.

Enfin, la scène finale vient nous glacer le sang. Après avoir passé plus d’une heure à avoir le coeur serré par cette histoire sordide, impossible de fixer l’écran plus longtemps… impossible de ne pas détourner le regard…

On espère d’ailleurs que les victimes en péril, les plus jeunes surtout, feront de même devant leurs écrans lorsque la menace pointera le bon de son nez.

 

 

1 Comment

  1. flo

    Punaise je suis dégoutée ! J’avais fait un super long message et mon ordinateur a quitté de manière imprévu. Par conséquent, j’ai tout perdu. Merci l’informatique !^^
    Je disais donc que lorsque j’ai lu ton article je me suis d’abord dit « ah non je vais pas aller ce film, pas possible, l’histoire est trop horrible » mais finalement en regardant la bande annonce,
    je sens que ce film, bien qu’il va surement me bouleverser, va être beau. J’espère juste ne pas trop pleurer^^

    http://fundamentalsbyflo.blogspot.com

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