AMHA (A Mon Humble Avis)

Une lettre d’amour sans date d’expiration

Posted by adminBarbara

Si vous êtes un intime de Marc Marronnier, ce qui va suivre vous parlera sans doute.

On y parle d’amour, de relations amoureuses, de séduction, de soirées bien arosées, de littérature aussi bien sûr, d’amitié et de divorce..

Car oui l’amour a une date limite de consommation : il est censé durer trois ans et pas un de plus.

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Pour que vous sachiez tout de même, on se situe en gros entre La délicatesse où tout commencait par un jus d’abricot : ici on parle de goyave ou de papaye et le film ne nous explique finalement pas vraiment la différence entre les deux, et Une nuit ou Roshdy Zem, flic de la mondaine, nous emmenait dans un Paris by night endiablé et poussait avec nous les portes des boites de nuit de la ville à la poursuite des arnaqueurs et autres malfrats.

Vous l’aurez compris : Marc Marronnier, double littéraire de Frédéric Beigbeder, sorte de surmoi Floresque (les initiés comprendront…peut-être !), est en fait un homme paumé, un homme déçu, un homme trompé, un homme séducteur, un homme en somme.

Marc est écrivain le jour et chroniqueur mondain la nuit et son véritable parcours du combattant va commencer le jour de son divorce. Ce jour précis qui symbolise la mort de l’amour qu’il a vécu avec sa femme. Ce premier amour auquel il croyait, cet amour si beau et si fort qu’il pensait qu’il durerait pour toujours.

L’amour dure trois ans retrace donc le parcours du combattant d’un jeune trentenaire déçu par l’amour. Marié durant 3 avec une jeune femme dont il est tombé éperduement amoureux et avec qui il a vécu ce que d’après lui, tous les couples vivent : c’est à dire le shéma typique du couple : « la premiere année on achète les meubles, la seconde année on les déplace puis la troisième on les partage… »

Cynisme, mondanité, peur, perte de repère et frustration d’enfant gâté se mèlent et nous font pénétrer au plus près du quotidien de Frédéric Beigbeder.

Car oui, personne n’est dupe : Marc = Frédéric. C’est ici son histoire qu’il vient nous conter.

Le film est d’ailleurs à ce niveau là très réussi : Gaspard Proust, qui incarne Marc Marronnier à l’écran fixe la caméra dans presque chaque scène ce qui permet de créer un contact direct avec le spectateur qui se retrouve alors témoin du film. Double témoin même, car déjà spectateur et pris comme comparse en plus : il devient donc en somme complice des actes de Marc.

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Si j’osais, je dirais que le spectateur partage ainsi la névrose et la schyzophrénie du réalisateur / personnage principal / écrivain / chroniqueur (on s’y perdrait presque !)

Car personne n’est dupe, cette mise en abîme flagrante n’est autre que la volonté de l’auteur et jeune réalisateur d’exprimer sa peur et son incompréhension de l’amour et de la vie à deux.

Dans une société où tout se consomme (Frédéric est également l’auteur de 99F) : les biens comme les relations, où l’individualisme prime : comment est-il encore possible de trouver l’amour et surtout, de le garder, de le fructufier, de le bonifier ? Comment est-il encore possible de passer 57 de vie commune comme les grands parents de Marc ?

Les acteurs qui entourent Gaspard Proust sont tous excellents et forment un groupe homogène et disparate à la fois en personnifiant ainsi divers stigmates de la société  : le couple pseudo échangiste, le pote devenu gay par « accident », la mère féministe militante, le père à la vie sexuelle débordante…

Ah sacrée génération Y : génération d’égoistes, de dépravés, d’enfants gâtés, de paumés et de nombrilistes… car au fond, c’est d’elle dont nous parlons ici.

Frédéric ne serait alors autre que l’image d’une génération perdue ? d’une société en déroute ?

Pas si sûr… Même si certes, l’expression du mal-être est flagrante, elle ne signifie pas pour autant un néant… Marc / Frédéric gère sa vie, certes pas comme il le voudrait mais, malgré les pertes de repères (générations d’enfants de divorcés) il mène sa barque et croit en ses idéaux.

L’amour, le vrai même s’il y a cru et que ça n’a pas marché, il veut y croire encore car au fond, seul le sentiment compte… et ce qu’il ressent est trop fort pour être ignoré.

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Une phrase a retenu mon attention « l’amour est le problème de ceux qui n’ont pas de problème » : cette phrase résume à elle seule le livre/film. Certes, il est possible de vivre seul, de ne pas aimer, de ne rien partager… nous avons d’autres problèmes plus graves auxquels il nous faut faire face comme la gestion des biens matériels, notre boulot… mais au fond : pourquoi faisons-nous une telle fixation sur l’amour, sur le couple et sur la vie à deux ?

Sans doute parce que nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls.

A vivre cette vie à 100 à l’heure, privée de vrais sentiments, de vrais bons sentiments, où la seule notion de partage est d’échanger quelques sms et des photos sur Facebook… comment serait-il possible de renoncer à ce sentiment qui nous rend si heureux et tellement vivant.

Alors, oui certes ça peut heurter, et fortement blesser mais pourquoi ne pas tenter le tout au risque de passer pour un éberlué ?

Allez, au moins juste pour prouver aux générations futures qu’on peut faire mieux que nos grands parents et qu’il dure plus de 57 ans…

Je me vois dans l’obligation de reconnaitre que j’ai oublié de mentionner la superbe BO du film dont voici ici un extrait :

 

 

6 thoughts on “Une lettre d’amour sans date d’expiration

  1. Flo

    J’ai hâte d’aller voir ce film. Je serais intéressée de savoir ce que tu as pensé de J. Edgar Hoover.

    http://fundamentalsbyflo.blogspot.com/

  2. Barbara fait son cinéma

    merci pour ton com Flo !

    n’hésite pas à revenir nous dire ce que tu as pensé de l’amour dure trois ans lorsque tu l’auras vu.

    Pour ce qui est de Hoover, je n’ai pas eu l’inspiration pour écrire un article dédié à ce film mais voici ce que j’avais partagé avec d’autres lors d’une conversation sur facebook :

    « …/ avec le recul c’est tout à fait ce que je ressens ! je me suis surtout (malgré moi) focalisée sur Léo, sur son jeux, sur les jeux d’ombres et sur l’ambiance du
    film et j’ai finalement assez peu suivi l’histoire ! je pense comme toi ne pas être un manche mais j’ai eu du mal à suivre le cours de l’histoire parfois !!! mais je pense que nos réactions
    prouvent à elles seules que Léo nous a subjugué et qu’il est donc un grand acteur.

     et ça me fait également penser que Clint est donc un grand réalisateur ! il sait sublimer ses acteurs comme
    il l’avait fait pour Hilary Swank et now Léo. »

    l’as tu vu ? si oui, qu’en as tu pensé ?

  3. Flo

    Oui barbara (c’est bien ton nom ?^^) j’ai vu hoover et comme je le dis dans mon blog, j’ai bien aimé mais j’ai pas trouvé ça exceptionnel. Enfin tu peux voir mon article complet sur mon blog^^ ça
    n’est pas à la hauteur du tien puisque mon blog n’est pas exclusivement basé sur le cinéma mais comme je ne peux vivre sans y aller, je m’improvise cinéphile^^

    A quand ton prochain article ?? 🙂

  4. Barbara fait son cinéma

    je viens de découvrir ton blog qui est coloré et bien sympathique. J’aime l’idée que tu parles de tout ce qui te plait : du ciné, aux bonnes recettes en passant par les bons plans beauté 🙂

    suivons nous mutuellement au travers de nos blog respectifs !

    à bientôt Flo,

    barbara (oui, c’est bien mon prénom ;))

  5. flo

    Oui avec plaisir Barbara !! 😀 Je mets régulièrement mon blog à jour donc n’hésite pas à venir régulièrement ! 🙂 et toi, à quand le prochaine article ? j’attend^^

    http://fundamentalsbyflo.blogspot.com/

  6. Barbara fait son cinéma

    je viens de le poster ! par contre c’est sur un sujet pas facile donc j’espère n’avoir pas été trop légère…

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