AMHA (A Mon Humble Avis), Festivals de Cinéma

Autofiction

Posted by Barbara GOVAERTS

Pedro, je t’aime toujours autant, sois-en certain.

Je continuerai toujours à défendre le rôle et la portée politique de ton cinéma. Mettre en lumière les marges comme tu l’as fait dans une Espagne tout juste sortie du franquisme, encore profondément marquée par le poids de la religion, témoigne d’une immense humanité.

Tu as redonné des couleurs à un pays qui les avait perdues. Tu as offert une place à celles et ceux que l’on ne regardait pas. Tu as filmé les femmes, les mères surtout, comme peu de cinéastes ont su le faire. Leur force, leur dévotion, leur courage, mais aussi leur beauté dans ce qu’elle a de plus simple et de plus universel.

Parle avec elleTout sur ma mèreVolverLa Mala EducaciónLa piel que habito… Tu nous laisses des œuvres majeures.

Pourtant, depuis quelques années, je me sens moins en phase avec ton cinéma. Non parce qu’il aurait perdu sa sincérité, mais parce qu’il me semble parfois rejouer des thèmes, des motifs et des obsessions que tu as déjà explorés avec davantage de force par le passé.

Une chose demeure cependant : ton amour du cinéma.

Il traverse chacune de tes images. Il habite tes personnages, tes décors, tes dialogues. On sent que le cinéma t’a construit, accompagné, peut-être même sauvé. Et surtout, tu sais encore le raconter.

Et en soi, cela vaut déjà de l’or.

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