AMHA (A Mon Humble Avis)

Vive la famille !

Posted by Barbara GOVAERTS

Belles familles est, à nouveau, une bonne leçon de cinéma. Le dernier opus de Monsieur Rappeneau (Cyrano…) réunit un casting 5 étoiles (la fine fleur du cinéma français) mais évoque la plupart des thèmes qui m’agacent au cinéma, à savoir : les secrets de famille, les tensions familiales.

Je ne sais trop pour quelle raison (mais doit on trouver des raisons à tout ?) mais cette thématique a vite fait de m’agacer. Le ton racoleur n’est jamais très loin et cette sensation de s’immiscer au sein des problèmes des autres n’est tout simplement pas de mon goût.

Cela étant dit, tout dépend au final de l’angle avec lequel le réalisateur regarde son objectif et ses acteurs et le ton choisi y est pour beaucoup quant à la réussite d’un tel projet.

Aucune lourdeur dans cet opus qui pourtant, frôle à chaque instant la frontière du risque. Tout y est dans ce film : on part d’abord de la relation tendue entre deux frères pour ensuite ouvrir sur les ressentiments entre « demis frères et demi soeur » mais le réalisateur parvient à chaque instant à mesurer avec précision la dose de bonnes répliques, de drame et d’hystérie pour garder la main.

Le rythme s’accélère par moment pour donner lieu à de véritables scènes de vaudeville : style qui est du genre à me déplaire au plus haut point en temps normal mais la maestria avec laquelle Rappeneau gère son scénario et ses acteurs est telle que je me suis laissée prendre et ai totalement adhéré.

Le film donne au final une belle idée du côté foutraque d’une famille complexe et recomposée, il met en exergue les dangers du mensonge et des non dits et valorise la force du sentiment qu’il soit parental, fraternel ou encore dénué de tout « lien sanguin » : l’amour, le respect et la recherche de l’autre dépassent le simple fait d’être lié à une autre personne par un ADN similaire.

Ai-je mentionné la quasi perfection de la direction d’acteurs dans ce film ? Tous sont excellents dans leur rôle et participent d’une montée en puissance maîtrisée et très réussie. L’humour est présent et jamais lourdingue et le pathos est distillé à sa juste mesure pour ne jamais « tout donner en une seule fois ».

Enfin, au même titre que des chantiers immobiliers sont en construction et que des bâtiments sortent de terre chaque jour, des couples se font et se défont, des vies apparaissent et rendent leur dernier souffle, les héritages se donnent et perdurent dans le temps comme pour marquer la continuité de la vie. Tout est en mouvement, à construire, à rénover et à entretenir… surtout lorsqu’il est question de relations humaines et familiales.

 

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