AMHA (A Mon Humble Avis)

Road trip

Posted by Barbara GOVAERTS

 

 

Djam est une jeune femme désinvolte qui vit avec son beau père sur l’île de Lesbos. Elle gambade à travers les plaines en chantant – parfois elle oublie de porter une culotte – elle est ce que l’on peut appeler une grande gueule éprise de musique et de liberté. Elle est de celles qui invoquent la musique et alors, la musique vient à elle. Elle est aussi de celles qui pissent sur les tombes de ceux (parmi lesquels son grand père) qui visent à interdire la musique et les chants. Une libertaire pure et dure qui par ses chants dit son refus du monde tel qu’il est, de ce monde asphyxié par le pouvoir des banquiers et autres organismes capitalistico – financiers.

Un jour son beau père – le supra touchant Simon Abkarian – l’envoie en Turquie chercher la pièce manquante de son bateau, qui lui servait autrefois à emmener les touristes visiter les îles alentours – un tourisme aujourd’hui inexistant. C’est alors que débute une sorte de road trip sur les routes qui jouxtent les côtes grecques et turques. Sur sa route, elle va faire la rencontre d’Avril une jeune française « de banlieue » larguée par son copain alors qu’elle prenait la route de la Syrie pour s’engager dans l’humanitaire. Le début d’une amitié va naître ou chacune va voir le monde dans le regard de l’autre et ainsi s’ouvrir à des choses jusqu’alors inconnues.

Tony Gatlif est peut être le cinéaste sachant le mieux filmer la fête (avec Kechiche), les chants et la danse. Il parvient à faire ressortir toute l’humanité propre à chaque individu dans des mouvements de corps. C’est jusqu’à l’âme humaine qu’il parvient à invoquer.

Derrière cette Djam attachante et fantasque je crois que Tony Gatlif a voulu nous montrer cette Grêce peut être peu pourvue et creusée par cette crise économique mais riche ô riche de cette culture ancestrale, riche de ses mémoires vivantes, riche de ces hommes et de ces femmes pleins de vie et ce, malgré les aléas de la vie – et Dieu sait qu’ils ne sont pas épargnés.

Encore plus lagement c’est l’exil qui est au coeur même du film. Je n’ai personnellement pas connu l’exil, je ne sais quels sont les sentiments qui y sont afférents mais peux dire que par ce film je touche du doigt la force que portent en eux tous ces déplacés, tous ces gens en partance. Ils portent en eux une force de vie peu banale et certainement pas feinte et surtout, l’espérance d’un avenir meilleur et ça non plus ce n’est pas banal surtout dans nos sociétés trop souvent rongées par une sorte d’insatisfaction permanente et disons le, par un pessimisme ambiant souvent navrant.

Si la fin du film est peut être légèrement trop marquée c’est en effet la présence suggérée et jamais montrée de ces gens en partance qui est au coeur même de cette histoire de vie, de chants, de liberté et de grandeur d’âme.

C’est leur exil qui chante.

Tony Gatlif était l’invité de Clap Cinéma pour évoquer l’historique de son film, la musique et son envie furieuse de filmer la vie. Pour écouter cette émission c’est ici

2 thoughts on “Road trip

  1. Paule

    Ce film va sûrement me rappeler de beaux souvenirs de musique et de danse. J ‘ai hâte de le regarder.

  2. Barbara GOVAERTS

    oui je suis certaine qu’il te parlera 🙂 vraiment un film sublime, marquant et utile, empreint de vie et de musique : une totale réussite

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