AMHA (A Mon Humble Avis)

Summertime

Posted by Barbara GOVAERTS

On ne peut pas dire que l’été 2016, à date, soit des plus réjouissants. Si le soleil a bel et bien fini par pointer le bout de son nez dans quasi tous les recoins de l’hexagone, la haine d’une poignée de minables nous blesse et ne cesse de nous rappeler l’urgence de vivre et d’aimer.

Puisqu’il en est ainsi, vivons et aimons donc ! Le cinéma se trouve d’ailleurs être une très bonne approche pour cela et c’est une des raisons qui font ma tristesse face à cette décision d’annuler le cinéma en plein air de La Villette. Je comprends ce besoin de protéger les populations mais sais également ce besoin pour les dites populations de vivre ces moments de partage, d’expériences communes soudées par la force du cinéma.

Je ne voudrais surtout pas ajouter une couche de déprime supplémentaire mais trouve tout de même que la programmation de ce début de saison est légère et peu emballante. Si j’ai vu Tout de suite maintenant qui met en scène la fine fleur du (jeune) cinéma français : le très bon Vincent Lacoste surtout, mais aussi la fine fleur du (moins jeune) cinéma français : Isabelle Huppert (on ne la quitte plus), Lambert Wilson, JP Bacri… on ne peut pas dire que je fus emballée par cette oeuvre. Idem pour Un homme d’état… classico classique et pas vraiment fourmillant de nouveauté. Où est donc le bon cinéma ? N’ayez crainte il arrive / revient en août avec entre autre le grand Toni Erdmann dont je vous parle depuis Cannes.

Tout de même, un film qui sort du lot, Irréprochable mettant en scène la très grande et forte Marina Fois. Elle trouve dans le rôle de cette femme borderline une nouvelle occasion de déployer sa force de jeu tendu, à la limite du gênant. Elle est douée cette Marina pour incarner ces femmes à bout, en pente descendante, à cran et ivres de vengeance. Cette Constance qu’elle incarne nous fait pitié tant on ressent la détresse dans laquelle elle se trouve. En ce sens le réalisateur trouve le ton juste pour signifier l’horreur du chômage et de la perte de repères sociaux. Mais cette Constance fait aussi et surtout « flipper » tant on la sent semblable à une cocotte minute prête à exploser, telle une machine de guerre que rien ne pourra stopper. Marina Fois incarne ces deux aspects de façon magistrale.

Un véritable malaise s’installe dès les premières minutes du film pour atteindre une apothéose lors de la toute dernière séquence du film. Pas de répis.

La mise en scène est soignée et le rythme bien cadencé à l’image des joggings quotidiens que s’impose Constance (forcément il faut relâcher quelque peu la pression) et dignes des entraînements de l’armée ! Tout est extrême chez elle et rien ne semble pouvoir lui permettre de retrouver la raison, encore moins un semblant de paix intérieure.

Je ne suis pas la première à le dire mais il y a en effet du Chabrol dans ce film qui se situe entre thriller psychologique et drame social – comprenez : vie de campagne / province et névroses en pagaille. Un sacré bordel foutraque bien cadré et millimétré en somme.

C’est un oui avec de surcroît une bande son électrisante qui apporte quelque chose, pour de vrai, au film. Une once d’électrisation en plus.

 

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