AMHA (A Mon Humble Avis)

Le mythe Marilyn

Posted by adminBarbara

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Qu’on se le dise, Marilyn Monroe reste, même 50 ans après sa mort, l’icône glamour par excellence et surtout un personnage mystérieux car profondément complexe. Idiote finie, nunuche hypersexy, intellectuelle contrariée… tout ou presque a été dit sur Marilyn et c’est à chacun de se forger sa propre opinion sur cette personnalité contrastée. Qu’on l’aime ou pas, qu’on soit subjugué ou plus réservé face à son physique et à son talent : le mystère Marilyn ne laisse personne indifférent.

My week with Marilyn vient revisiter le quotidien de la star. Alors au fait de sa carrière hollywoodienne, elle se rend pour la première fois en Angleterre afin de tourner un film avec le célèbre homme de théâtre Laurence Olivier. Tout juste mariée à Arthur Miller, Marilyn va se révéler être au plus mal, en proie à des angoisses plus fortes que jamais. Lors du tournage, elle va rencontrer un jeune assistant et nouer des liens avec ce dernier.

Tout le paradoxe de la star va alors se révéler. Comment peut-elle se sentir si seule, si mal aimée, si laide et si vide alors qu’elle est admirée par le monde entier et qu’elle semble tout avoir ?

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J’ai, pour ainsi dire, rencontré Marilyn en 2007 lors de l‘expo Bert Stern, alors de passage à Paris. Jusque-là je n’avais de connaissance de Marilyn que son rôle dans une comédie, qui depuis est devenue l’un de mes films de chevet, Certains l’aiment chaud. Cette exposition a été une révélation  – le mot est choisi et n’est pas trop fort. Ce jour là, j’apercevais pour la première fois, la face voilée de l’icône et entrapercevais cette fragilité immense qui l’a terrassée toute sa vie durant. Car oui, Marilyn, c’est un paradoxe ambulant. Comment cette femme a t-elle pu dégager tant de sensualité, une telle sexualité exacerbée, et garder ce regard si enfantin ? Comment cette femme aux formes si généreuses pouvait-elle renvoyer l’image d’une personne si frêle ? Comment cette femme aux multiples maris et amants a t-elle pu se sentir, toute sa vie durant, si seule ? Je pourrais trouver tant d’autres paradoxes. Marilyn est une multitude d’antagonismes à elle seule et je pense pouvoir affirmer que c’est la raison pour laquelle nous parlons d’elle aujourd’hui encore.

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Je ne sais plus qui (et ce n’est pas faute d’avoir cherché, je vous assure ! ndlr) a dit que Marilyn Monroe c’était en fait une enfant dans un corps de femme. Je pense en effet que cette simple définition exprime à elle seule la dualité (et même la multiplicité) de la personnalité de l’icône. Disons le clairement : Marilyn est une invention d’Hollywood. Et Marilyn a tué le jeune Norma Jeane – jeune femme paumée n’ayant reçu aucune éducation, abandonné par ses parents et meurtrie par tant de blessures enfantines.

Niveau ciné, le mystère Marilyn s’exprime plus ou moins de la même façon. Cette femme presque déifiée par Hollywood tant par son physique que pour ses talents d’actrice reconnus (elle a reçu plusieurs prix la récompensant en tant que meilleure actrice…) n’est en fait qu’une actrice fragile qui a de grandes difficultés à apprendre son texte, à le retenir, à respecter les consignes et les horaires. Ses acolytes désespéraient…J’ai même lu que le tournage de Certains l’aiment chaud avait eu raison de son amitié avec Tony Curtis qui alla jusqu’à dire que l’embrasser était « comme embrasser Hitler ». Jack Lemmon aurait même confié : « Je me réveille en nage au beau milieu de la nuit, après avoir rêvé qu’on en est à la cinquante-cinquième prise, que Marilyn vient enfin de passer sa réplique et que j’ai bafouillé »… Disons-le clairement : Marilyn traumatisait ses partenaires !

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Bref, Marilyn irrite, énerve, agace mais les sentiments et les termes employés sont toujours très forts. Elle ne laisse en rien indifférent. Le mythe Marilyn vaut surtout pour le fait que malgré ces comportements assez extrêmes et insupportables, Marilyn irradiait à l’écran… et comme à une enfant insupportable qui subitement vous fait le plus beau des sourires… on lui pardonnait toute son arrogance et ses caprices.

On pourrait tant en dire sur Marilyn, cette personne si complexe. Je comprends que son ancien psy ait sorti un bouquin !

Après avoir dit cela, et pour en revenir au film qui nous intéresse – My Week with Marilyn ne retranscrit, selon moi, en rien le mystère Monroe. Tout y était pourtant : l’idée même du film : montrer le tournage d’un film dans un film : groovy ! moi ça me plait ce genre de scénario ! le choix des acteurs (Michelle Williams en tête), le choix de la période (Marilyn à son apogée qui vient tourner en Angleterre pour la première fois)… seulement, tout tombe à plat. Le tournage donne un coté terriblement répétitif au film : le film s’appelle « my week with Marilyn » et on les voit horriblement passser ces 7 jours ! Ensuite et surtout on ne perçoit qu’une face de Marilyn : celui de la chieuse qui gène tout le monde sur le plateau à cause de ses états d’âmes, de ses retards et de ses oublis. J’aime Michelle Williams qui m’a d’ailleurs énormément touchée dans Blue Valentine, mais force est de constater que même si elle ressemble à Marilyn dans le film, elle ne dégage en rien le glamour de l’icone. Comment lui en vouloir, je pense que ce pari était perdu d’avance… il est possible de mimer la gestuelle de Marilyn (comme l’a fort bien fait Michelle Wiliams) mais difficile de dégager la même sensualité qu’elle.

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Ceci dit, le film valorise bon nombre d’aspects sur la star. Il l’a montre telle qu’elle était en représentation – toujours avec cette assurance qu’elle n’avait qu’à ces moments précis où elle se savait entourée, regardée et admirée (Shall I be her? / Dois-je être elle ? (= Marilyn VS Norma Jeane). La lumière éteinte, elle redevenait la pauvre petite fille seule, apeurée et vulnérable qu’elle avait toujours été.

Enfin, l’intrigue même du film met l’accent sur un autre aspect de sa dualité : sa relation aux hommes. Celui qu’elle n’a jamais eu et qu’elle a inventé : son père (qu’elle imagine être Abraham Lincoln), ses 3 maris dont Arthur Miller le dernier en date avec qui la lune miel n’a duré que quelques mois, les hommes du monde entier qui l’admirent et l’idolâtrent et ce jeune homme, 3ème assistant sur le plateau, qui va tomber sous le charme de la star et avec qui elle va partager quelques instants de douceur et de calme au risque de passer (une fois de plus) pour la simple allumeuse de service qui profite du pouvoir qu’elle exerce sur les hommes, sur tous les hommes.

Car oui Marilyn, si ce n’est le glamour incarné, ce fut avant tout une femme aux nombreux secrets jamais percés et surtout une femme dont la douleur fut le plus fidèle compagnon de route.

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