Le lac aux oies sauvages

Le lac aux oies sauvages

L’affiche (comme toute bonne affiche) dit déjà beaucoup de ce film. Ce polar en eaux troubles est tout à la fois sombre et lumineux, éclairé par une clarté néonisée qui nous plonge directement au cœur d’une atmosphère interlope.

J’y ai croisé un mafieux en cavale, une prostituée amoureuse prête à l’aider, une bande de voyous à moto qui parfois, se laisse aller à une danse au son de « Raspoutine » (oui oui : ra ra raspoutine de Boney M) avec aux pieds des chaussures à semelles fluo qui nous donnent alors l’impression d’une danse de zombies mutants.

C’est ténébreux et enlevé. Violent et délicat. C’est exactement sur ces contrastes que se forme le film.

La mise en scène est fluide, le montage brut mais très travaillé et calibré au millimètre et la photographie sublime. Des plans impriment ma rétine comme celui durant lequel un parapluie sert d’arme pour tuer un homme (je vous laisse faire travailler votre imagination) ou encore celle durant lequel l’ombre d’un homme monte les escaliers à toute vitesse.

Une oeuvre hypnotique et fiévreuse. Un polar dont la délicatesse n’a d’égal que la douceur et la tranquillité du bruit de la pluie.