AMHA (A Mon Humble Avis)

Le cinéma « pour de vrai »

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Je me dois d’introduire cet article en vous parlant, une nouvelle fois, de mes manquements cinématographiques.

Je ne connais pas vraiment le cinéma de Valeria Bruni Tedeschi (VBT), c’est tout au plus si j’ai vu Actrices, l’un de ses derniers films : un film qui m’avait d’ailleurs un peu ennuyé quoique tout de même marqué puisque j’ai encore aujourd’hui des images du film en tête.

Cela dit, je ne suis donc pas une adepte de cette réalisatrice mais n’ai eu aucun mal à entrer dans son univers si personnel et particulier.

Un château en Italie, son dernier film, actuellement en salle et en lice pour la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes m’a touchée, m’a émue et m’a plu.

VBT y raconte sa vie. Tout ce qui se passe dans le film fait écho à son histoire familiale et personnelle. Ça peut surprendre… moi ça m’a surprise et j’ai d’ailleurs toujours beaucoup d’attente envers les cinéastes qui portent à l’écran leur propre histoire (ce fut le cas rappelez-vous pour Valérie Donzelli et Jérémie Elkaim qui avaient signé le sublime La guerre est déclarée qui relatait leur bataille pour sauver leur fils alors atteint d’une tumeur au cerveau.)

A première vue, comme ça, on pourrait se dire que ces réals manquent d’imagination pour donner vie à un scénario digne de ce nom, et qu’il est trop facile de ne relater que son propre vécu. A ce titre, pourquoi  ne pas simplement garder  ces « films de famille » en famille justement et les projeter le dimanche lorsque le grand oncle et toute la smala est réunie ?!

Après avoir vu Un château en Italie, je puis dire que lorsque le talent est en parallèle de ces histoires personnelles, cela vaut plus que le coup de les partager avec le grand public.

VBT nous offre ici un film dont la mise en scène est parfaitement maitrisée, un film où les acteurs livrent une performance remarquable (sommes-nous d’accord pour dire que Louis Garrel est l’un des meilleurs acteurs de sa génération ? Il est, non seulement, toujours juste mais a ce petit supplément d’âme, de présence et de charme en plus). En plus cela, on rit, on est ému… on se sent en vie, en fait.

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Ce parallèle entre cette vie qui s’amenuise pour finalement s’arrêter (le film revient sur la mort de son frère, ndlr) et la naissance de cette histoire d’amour, qui m’a personnellement fait vibrer, est traité avec douceur, vérité et force.

On y croit à chaque instant. Plusieurs thèmes sont abordés, des thèmes qui semblent être chers à la réalisatrice tels que la place clé de la famille, un grand questionnement sur le métier d’acteur / actrice (cf le personnage de Louis Garrel, lui-même acteur qui n’en peut plus de « ces mots qui ne sont pas les siens »), la parentalité, la religion (catholique surtout : hillarant !) et puis aussi, j’ai cru deviner une légère peur / crainte de la vieillesse et de la solitude.

La famille est ici, plus fort que jamais, un écrin, un appui et une « zone de recueillement » qu’il faut protéger à tout prix et chérir. Cette famille dont le cœur est la maman (jouée donc par la propre mère de VBT : eh oui ! quand je vous dis qu’elle y raconte sa vie !), une maman sublimée, une maman forte et droite telle une ancre.

Enfin, j’ai vu ce film le soir même où un certain documentaire sur la vie privée de notre ancien président et de sa femme (ai-je besoin de vous préciser que VBT est la sœur de Carla Bruni ?) était diffusé sur une chaine de la TNT (le timing n’était pas choisi). Bien que n’ayant pas vu ce docu, je peux en imaginer la teneur et irai même jusqu’à avancer qu’il faut un sacré talent pour raconter sa vie, revenir sur le passé et ses douleurs via le canal cinématographique sans heurter le public et sans donner l’impression de « déballer » sa vie personnelle – le public n’étant, bien évidemment, pas là pour jouer au psy.

VBT réussit le pari avec brio et vient nous prouver que le cinéma a un rôle salvateur pour les réal (qui ont ici la possibilité de, si ce n’est « rejouer » le passé, revenir sur la vie comme pour fermer les plaies et donner une seconde vie, voire même une vie éternelle à ceux que l’on aime (VBT dit qu’elle fait du cinéma pour filmer sa mère avant tout… sans doute sa façon à elle de la rendre éternelle…)

Rôle salvateur pour le réal donc, mais aussi pour le spectateur qui (re)découvre que le cinéma, c’est la Vie : rien de plus, rien de moins et ce, même si les mots sont dits « pour de faux ».

 

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