AMHA (A Mon Humble Avis)

La perfection cache bien des secrets

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Stoker c’est déjà une ambiance, des couleurs, une atmosphère envoutante. Stoker est bel et bien un OCNI, perso j’appelle ça un OFNI mais c’est selon… (Objet Cinématographique / Filmique Non Identifié)

Ce qui frappe déjà c’est cette ambiance : chaque parole, chaque geste et plus encore : chaque plan est choisi, travaillé et peaufiné à la perfection.

Stoker est un film qui réveille les sens. La vue déjà, avec ces couleurs superbes, nous sommes clairement face à une succession de tableaux, mais aussi l’ouie : la BO est juste superbe, le buit du vent qui s’engouffre dans nos oreilles nous emporte et vient nous prédire quelque chose, quelque chose qui rôde… En ce sens Stoker est un film « vivant ». C’est un vrai poème.

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Un film vivant certes mais qui nous place cependant face à une scène d’ouverture qui donnera le La à tout le film. L’enterrement de Monsieur Stoker disparu dans d’étranges circonstances. L’intrigue placée, le film débute et nous entraine directement dans cette atmosphère étrange et presque effrayante.

Il serait trop facile de penser que tout cela est dû à l’arrivée de l’oncle Charles / Charlie, revenu de parmi les morts ou les vivants, on ne sait pas trop mais en tout cas disparu depuis trop longtemps pour que son retour ne soit pas remarqué.

Mais plus encore que Charlie c’est India et sa mère qui nous intriguent.

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Parquées dans leur maison luxueuse, aucune vie ne semble se dégager de leurs tenues immaculées et de cet univers propret à souhait. La notion de perfection dans toute sa splendeur, qui recèle forcément des secrets bien enfouis, bien enterrés. Un peu en mode Bree Van de Kamp pour les initiés, la perfection cache toujours des choses peu claires. La perfection pour cacher l’horreur…

Outre le fait qu’elles soient toutes les deux en deuil, il est facile de percevoir la douleur profonde qui est la leur : une femme mal aimée, seule, qui voit le temps s’écouler et faire son effet et une jeune fille / femme au crépuscule de l’enfance, perturbée par ce que le passage à l’âge adulte engendre.

Et forcément, vous le savez, le mal frappe plus fort lorsqu’il se trouve face à des failles, à des questionnements et à des peurs.

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C’est ainsi que Charlie va littéralement destabiliser le nid familial et plus encore, le décomposer.

Il faut voir comme il parvient à user et abuser de son charme pour ébranler le mère, la fille et surtout le peu de relationnel liant les deux. Le trio Nicole Kidman (botoxée, tirée mais tout de même sacrément bonne actrice), Mia Wasikowska, Matthew Goode fonctionne à merveille.

Le plus du film, vous l’aurez compris, tient à son incroyable maîtrise de la réalisation mais pas vraiment à celle du scénario, qui n’a rien de bancal mais qui est somme toute banal (le scénario est signé Wentworth Miller, oui oui : le Michael Scofield de Prison Break).

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Deux moments forts à mon goût : la scène du piano à quatre mains durant laquelle je crois bien avoir été bouche bée tant la puissance symbolique est à son comble et le coup de la chaussure (Louboutin s’il vous plait) pour symboliser le passage à l’âge adulte ; c’est un peu téléphoné mais ça fonctionne tout de même très bien.

Vous l’aurez compris, ce film repose sur une incroyable puissance d’évocation. Pour une fois, je me ferais bien mentir en disant qu’il s’agit là d’un film qui n’appelle pas forcément à la parole ni à l’échange, qui sont pourtant selon moi, les buts premiers du cinéma. Il est ici question d’introspection, de secrets, de mensonges même… le film n’invite pas vraiment à déblatérer sur le sujet : il s’agit réellement d’un film qui « se voit », qui se vit, qui se ressent.

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Mieux que la bande annonce, je vous invite à découvrir le making of du film :

 

 

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