Frankie

Frankie

L’idée de voir à nouveau la grande Isabelle Huppert à Cannes était source d’une joie peu dissimulée. L’idée de découvrir le film avec elle, lors de la projection officielle (suite à la montée des marches donc) m’avait alors procuré une joie encore moins dissimulée.

L’ouverture du film qui donne à voir ce plan « Hockneyesque » (du style de David Hockney, sans doute le peintre, artiste plasticien contemporain le plus à mon goût : cette classe avec laquelle il donne vie à ses œuvres me plait énormément) était alors tout à fait enthousiasmant.

Ce qui est dommage c’est que ce fut la seule bonne surprise du film.

Ira Sachs (« Love is strange », découvert à Deauville il y a plusieurs années, « Brooklyn Village ») fait fort avec ce plan d’ouverture dans lequel nous suivons en plan séquence, Isabelle Huppert arrivant au bord d’une piscine. Ça semble simple (le meilleur cinéma, le meilleur plan donne toujours cette impression de simplicité). Ce plan est une explosion de couleurs, de formes, de chaleur, de mouvement. Et c’est le lancement et l’apogée du film. Dommage donc qu’il reste après ce plan qui dit déjà tout, 1 heure 40 de film derrière.

Je ne saurais vous en expliquer la raison mais passé 1 minute 23 de discussion entre le personnage d’Isabelle H et son fils joué par le très bon Jérémie Rénier, j’étais déjà partie, ailleurs, comme expulsée de cette histoire d’une actrice française célèbre qui se sait mourante et passe son dernier été en famille au Portugal.

Je n’ai absolument pas adhéré. Preuve s’il en faut que le cinéma peut vous happer comme vous laisser sur le bas côté.

Peut-être est-ce un rejet de ma part, inconscient. Mon subconscient refuse de voir Isabelle Huppert incarner une actrice française mourante !

Certains ont vu ici une oeuvre subtile. J’y ai vu un bon mélo qui m’a bercé et bordé.