Festivals de Cinéma

BFSC à Cannes # épisode 3 / Les premiers émois ciné

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Je vous le dis, les choses sérieuses ont commencé aujourd’hui. Me voilà aux pieds de la Salle du Soixantième à 10h15 pétaradantes, bien placée dans la queue afin de visionner mon premier film à Cannes : Moonrise Kingdom de Wes Anderson dont la séance était prévue à 12h. Je laissais entrevoir hier l’idée selon laquelle à Cannes, en période de Festival, il faut savoir faire preuve de patience, je vous le confirme aujourd’hui. Je vous confirme également que mon programme est bel et bien : bronzage et cinéma, et oui : faire la queue sous le soleil ça laisse des traces. Me voilà donc sur la ligne droite qui me conduira dans la première salle de cinéma.

J’entre, cherche du regard une place potable, m’installe confortablement dans mon siège, chausse mes lunettes : jusque-là du déjà-vu mais un sentiment nouveau vient m’envahir… je suis « zémue ». Emue de réaliser que je m’apprête à visionner un film dans le cadre du Festival de Cannes, émue par l’idée que des milliers de popotins stars ont du toucher le siège sur lequel je suis si bien assise (imaginez à quel point on l’apprécie le siège moelleux après avoir fait la queue, debout bien sur pendant 1h30).

La lumière s’éteint, un générique Festivalier introduit le film et ça y est… La séance commence.

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Ce que j’ai pensé de Moonrise Kingdom

Je suis aussitôt plongée dans l’ambiance loufoque, attachante et aventurière de cette fresque romantico-adolescente pleine de douceur et de lyrisme. Moonrise Kingdom parle d’amour, d’aventure mais aussi d’attaches et de sentiments profonds. Ces sentiments que l’on crée avec des personnes étrangères à tout lien familial, à tout lien sanguin. Ces liens qui une fois créés, ne sont jamais vraiment détachables. J’ai été très touchée par ce compte fantasque mais tellement réel. Par cette musique pop, par cette ambiance so seventies et par ces acteurs excellents : mention spéciale aux deux « jeunes héros » qui mènent le film et à Bruce Willis que j’ai trouvé très fort dans ce rôle à contre-emploi.

Savez-vous à quoi l’on reconnaît le festivalier cinéphile ? Il se lève à l’instant même où le générique de fin retenti : comprenez, il n’a pas le temps de s’attarder et doit courir vers son prochain film. J’ai été de ceux-là car étais très intéressée par un docu sur Woody Allen dont la séance était prévue à 14h (Moonrise Kingdom dure 1h33, nous étions donc sortis à 13h33) dans une autre salle… Le temps de manger et boire une petite collation et hop me voilà dans la file… encore. Mais malheur, ce n’est qu’au bout de quelques minutes d’attente que l’on nous fait savoir que la séance est complète : déception, retour au Palais des Festivals pour un plan B.

Un plan B auquel je ne croyais pas trop… Mais à Cannes les miracles existent !

Vous souvenez-vous du Point numéro 5 dont je vous parlais dans mon premier post ?

L’accès de dernière minute pour les séances avec invitations (comprenez : séances VIP). Une séance de De Rouille et d’Os était prévue à 15h, la file d’attente était raisonnable, je me décide donc à tenter l’aventure. Là encore, attente – soleil – bronzage… caméra… ah oui parce qu’en plus d’avoir discuté avec le DA du film A perdre la raison, présenté dans le cadre de la sélection Un Certain Regard, France 3 PACA m’a filmée et interviewée… Un grand moment de télé en perspective !

A Cannes, tout se vit de façon exacerbée. Si on rit, on rit deux fois plus fort ; si on pleure on pleure deux fois plus fort ; si on est déçu, on est déçu deux fois plus… on vit ses émotions au centuple. Alors lorsque le staff nous dit que 40 personnes peuvent entre et que la quarantième est juste devant vous…. Ça fait mal…

MAIS, car rien n’est jamais perdu, on apprend quelques instants plus tard que vingt personnes supplémentaires peuvent passer la barrière. J’en suis, quelle joie !

Et si je vous dis qu’en plus j’ai monté les marches – vous me croyez où ça fait trop ?

Et bien si. Me voilà gravissant les marches puis intégrant le Grand Théâtre Lumière, THE salle du Palais des Festivals, celle dans laquelle se passent les cérémonies d’Ouverture et de Fermeture et toutes les grands projections des films en compétition.

Le temps de déposer mon sac au vestiaire car ici on ne rigole pas avec le protocole : pas de caméra, pas d’appareil photo, pas d’effets personnels. Comme Karine V me le disait si bien hier, on est fouillé presque comme à l’aéroport. On m’escorte jusque mon siège (si si) et là je vous le donne en mille, je dois être sur la septième rangée, au milieu : autant dire : super bien placée. Un rêve.

Pas le temps d’admirer la salle que les lumières s’éteignent, la séance commence.

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Ce que j’ai pensé de De rouille et d’os

Que vous dire du nouvel opus de Jacques Audiard ? Que j’ai aimé, ce serait peut-être trop simpliste. J’ai aimé mais pas au même niveau qu’Un Prophète qui m’avait profondément touché. Mais c’est indéniable : Audiard à ce génie qui lui permet de magnifier ses acteurs. J’ai enfin compris à quel point Marion Cotillard était une grande actrice. Je pèse mes mots, elle m’a bluffée dans La Môme comme la plupart d’entre vous mais agacée ensuite et j’ai donc comme perdu sa trace…trop happée par la star qu’elle était devenue ou du moins, que les media cherchaient à nous montrer. Marion est forte, puissante, magnétique : elle a réussi le coup fort de m’émouvoir dans des scènes qui n’allaient pas forcément vers l’émotion. Elle a cette force en elle qui vous tire avec elle, qui vous emporte. Franchement, elle m’a bluffée. Matthias Shoenaerts (gooo les belges !), la révélation du film a également réussi à m’embarquer dans sa souffrance, dans sa lutte, dans sa rédemption. Et cette mise en scène (peut-être un prix ?), ces couleurs, ces mouvements… Ouah, quel film !

Cette fois, j’ai pris le temps de voir le générique de fin dans son intégralité comme pour m’imprégner de la salle, de son ambiance, de son histoire.

En sortant et au moment de regagner le vestiaire afin de récupérer mes affaires, la « dame du vestiaire » prend le temps de me demander ce que j’ai pensé du film, nous échangeons quelques mots puis elle conclut en me disant ceci : « A demain ».

Oui c’est ça, à demain !

NDLR : je m’excuse de ne pas avoir de photo à partager avec vous, mais comme je tente de l’expliquer dans les articles, les appareils photos sont bien souvent « confisqués » et je suis tellement « au taquet » entre les séances afin de bien rester à l’affût des éventuels bons plans, que je néglige un peu la partie picturale.

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