AMHA (A Mon Humble Avis)

Vintage style

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Quoi de mieux parfois que d’aller fouiller un peu dans le passé afin de se ressourcer et prendre un nouvel élan ?

 

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Le Skylab, dernier film de Julie Delpy (dont je suis définitivement fan) est une histoire de famille. La famille même de Julie qui se réunit durant l’été 79 en Bretagne alors qu’elle était jeune ado.

 

On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la joie de notre enfance / jeunesse. Chacun s’y retrouve forcément : entre l’ado de 17 ans qui en a marre d’être encore à « la table des enfants » ou les jalousies entre cousines, ces boums où enfants, ado et moins jeunes dansent sur une même piste, la jeune fille de 11 ans qui est amoureuse en secret du « beau gosse » du coin, les oncles qui parlent politique à table…

 

Ces grandes tablées familiales nous font nous rappeler le temps où les enfants se retrouvaient devant la télé « à l’heure des dessins animés » (et oui, il n’y avait pas de chaîne dédiée aux dessins animés à l’époque !), où les enfants jouaient à enlever les puces du chien avec de l’éther (qui laisserait un enfant jouer avec de l’éther aujourd’hui ?).

 

Ce retour dans le passé est une vraie bouffée d’oxygène. On y découvre un Eric Elmosnino excellent en père de famille très baba qui raconte les histoires à merveille (on s’y croirait je vous jure). C’est justement cela que le film met en exergue : ce temps où on prenait encore le temps de se raconter des histoires, ce temps où l’on prenait encore le temps de se parler, d’échanger. Sans dénigrer l’époque actuelle, car ce n’est vraiment pas le but, ce film nous renvoie tout de même à une époque plus légère une époque certes encore marquée par les souvenirs de guerres (l’oncle dépressif qui reste marqué par Indochine…) mais une époque authentique pas encore « bouffée » par la société de consommation (c’était le début tout de même : cf l’oncle et la tante qui font la démo de leur nouvel aspi « super puissant et silencieux » !)

 

Vous l’aurez compris, on rit, on se retrouve dans ce film « vintage » qui nous replonge dans notre enfance.

 

July Delpy a un don pour, certes exprimer ses idées souvent politisées, mais a surtout un don pour parler des relations entre les gens (relation de couple dans 2 days in Paris et relations familiales ici dans le Skylab) sans pour autant pousser la caricature trop loin. On s’y retrouve forcément.

 

Elle rend ici un très bel hommage à sa famille toute entière et à ses parents en particulier qu’elle présente comme un couple haut en couleur, baba cool et féministes… ils l’ont tout de même emmenée voir Apocalypse Now et Le Tambour alors qu’elle avait à peine 10 ans !!! mais l’on comprend bien qu’elle tient d’eux et de cette éducation, son ouverture d’esprit et son amour pour le cinéma.

 

Enfin, le Skylab – titre du film – fait référence à ce satellite qui était censé tomber sur la Bretagne cet été 79 et qui finalement s’est écrasé en.. Australie. On saura apprécier la précision mais ne nous moquons pas car la même chose s’est produite il y a quelques semaines de cela. Vous vous en souvenez sans doute, ce satellite qui était censé s’écraser au Nord de l’Italie et qui finalement a terminé sa course quelque part au Canada je crois…

 

Les époques changent, les sociétés évoluent, mais les peurs restent les mêmes…

 

Sachons nous adapter au changement sans pour autant oublier ce qui fait notre force aujourd’hui, notre passé, nos racines…

 

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Dans un style tout à fait différent, l’autre film – vintage dans son genre – dont j’aimerais vous parler, est Drive du Danois Nicolas Winding Refn et dont le sexy en diable (nouveau chouchou du cinéma semble t-il) Ryan Gosling tient le rôle titre.

 

C’est l’histoire d’un homme dont on ne sait rien mis à part qu’il est cascadeur pour des films le jour, et qu’il conduit des voyous la nuit.. il est « driver ». On ne connait pas son nom, ni son passé, ni sa famille… c’est le cliché même du héro solitaire.

 

C’est aussi un « voyou » au grand coeur qui va devoir tout faire pour protéger celle qu’il aime. Cette scène d’ailleurs est celle que je retiens du film. La scène de l’ascenseur qui est d’une telle douceur et d’une telle violence à la fois.

 

Ce film est d’un esthétisme fou. C’est son atmosphère qui fait tout. L’histoire en elle-même est pour ainsi dire « banale », ce n’est pas là-dessus que mise le réalisateur. Il mise sur son héro, sur l’ambiance du film, sur tous ces non dits et sur tous ces sentiments inexprimés. Ryan Gosling est bon dans le rôle, rien à dire sur ce point : il habite clairement le rôle de cet homme capable de tout et même du pire pour venir en aide à ceux qu’il aime. Il nous montre sa force et ses fêlures. Tout est suggéré, rien ou presque n’est dit.

 

Le jury du Festival de cannes ne s’est d’ailleurs pas trompé, en donnant à « Drive » et à son réalisateur le Prix de la mise en scène.

 

Drive est vintage en ce sens où on pense forcément au mythe du héro solitaire et aux acteur tels que Steve Mac Queen ou encore Clint Eastwood qui l’ont si bien incarné. Le réalisateur a sans doute dû se baser sur ce genre de films (les films de voyous avec De Niro etc…) et d’acteurs mais pour créer son propre héro, son propre film et son propre univers et c’est en cela qu’il est dans l’esprit Vintage mais jamais dans la simple copie.

 

Enfin Drive c’est une BO, une bande son qui donne au film toute sa puissance et son énergie. Une BO très 80’s qui nous électrise…

 

 

 

 

 

Ecoutez également d’autres titres extraits de la BO de Drive :

Bande annonce de Drive :

 


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