AMHA (A Mon Humble Avis)

Une jeunesse sous influence

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Charlie et ses drôles de dames, vous voyez le topo ? Et bien transformez cela en version ado/pseudo gangsta/trash et vous êtes face au film dont les media rafolent en ce moment : Spring Breakers.

Alors, le printemps : oui c’est certain, nous l’attendons avec impatience, le soleil et les vacances se font également désirer. L’envie d’ailleurs, l’envie de changer d’air, de changer de garde robe comme on changerait de peau… l’envie de renouveau. Tout cela, on connait ou on a connu ce sentiment qui somme toute, est normal à cette période de l’année.

Là encore, secouez et mélangez tout cela, ajoutez-y une dose de puritanisme, un doigt de trashitude, un soupçon de drogues et autres substances illicites, un centilitre de meurtres et de gros crimes et vous obtiendrez la vraie version de Spring Breakers.

Bienvenue à tous dans l’univers si particulier, si pervers, si dangereux des Spring Break : comprenez, ces rassemblements annuels de jeunes étudiants qui, entre deux semestres de cours, partent faire les foufous (je suis douce et délicate lorsque je présente les choses de la sorte) pendant une semaine sous le soleil de Floride (ou du Mexique c’est selon).

Au programme : soleil, alcool, musique, sexe et tout ce que ce petit mix peut entrainer dans son sillon. Forcément, au final c’est pas joli joli.

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Mais au delà de ces filles en bikini qui peuplent le film, c’est plutôt sur ce qui se cache sous leurs petits maillots que le réal se penche (sans mauvais esprit mal placé). Harmony Korine (que j’avoue avoir découvert avec la sortie de ce film) a fait le difficile pari de ressortir de toute cette excitation adolescente le symbole d’une société en plein désarrois et en plein suicide.

La métaphore est toute trouvée.

Personnellement peu renseignée sur ce concept de Spring Break j’ai réalisé à quel point ce qu’il s’y passait pouvait aller loin, très loin au point qu’on se demande comment une société si conservatrice et si puritaine peut laisser ses jeunes se lâcher à ce point. Il y a tout un monde entre la vie vécue au quotidien et ces quelques jours de débauche extrême. Là plus que jamais « what happens in LA, stays in LA ». Sauf que cette fois, on comprend bien que leur vie ne sera plus jamais la même : « Spring Break forever » ne cesse de répéter ce « very bad boy » dont elles croisent la route. « Spring break forever »… il devient clair que ce Spring Break risque de hanter leur vie à jamais.

Faith (le prénom est tout trouvé !) est l’archétype de la jeune fille puritaine, qui prie chaque semaine à l’église. Elle est en quelque sorte le salut de cette bande de copine et sera d’ailleurs la première à reprendre le bus (après avoir revêtu son sweat, prendre le bus en bikini ça ne se fait pas trop !) laissant ses trois amies : Candy (la aussi le prénom est tout trouvé) et les autres, seules face à leur sort.

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Ces quatre jeunes ado, paumées comme on l’est souvent à cet âge, lassées par un quotidien routinier et ennuyeux voient en ce Spring Break l’occasion de voler de leurs propres ailes (ce qu’elles semblaient au final déjà faire tant on les sent éloignées de leur famille respective) et surtout échapper à leur réalité. Oui mais voilà, comme souvent lorsque l’on est pas très « focus » on fait les mauvais choix et on se retrouve sur le chemin qu’il ne fallait pas emprunter. Ces jeunes filles, fragiles, vont se retrouver face au premier vrai choix de leur vie : « stop ou encore » ?

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Alors voilà, même si le film est parfois lourd (on a vu de seins et des fesses, de l’alcool, des drogues et des armes à ne plus savoir qu’en faire), risible (James Franco dont la beauté est certes toujours décelable malgré son look – comment dire ? est-ce un look déjà ? et ses dents dorées, qui se met au piano et chantonne du Britney Spears) on en ressort tout de même avec ce sentiment étrange de n’avoir pas vu uniquement un « petit » film pour ado mais un pamphlet sur la décadence de toute une société qui a du mal à passer à l’age adulte et qui doit vite se remettre sur le droit chemin avant que sa morale ne soit perdue à jamais.

La réalisation offre au film une grande partie de sa force. Les images, les prises de vues et la façon de filmer sont très réussies et viennent encore plus accentuer cette notion de perte de repère et de descente aux enfers. On se dit qu’il faut à tout prix se méfier de ce goût trop sucré, trop doux, trop acidulé : trop de tout ça, c’est louche forcément…

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Pour conclure je dirais pour rejoindre l’article que j’ai lu dans Libé cette semaine que derrière tout ce foutoire et cette débauche, il y a une vraie profondeur et un vrai sens. J’irais même jusqu’à dire que je suis sortie de la salle avec un sentiment de quasi tristesse alors que l’ambiance festive du film devrait nous plonger dans un univers exquis de douceur et joie (forcément, quatre copines en vacances). Mais comme je tentais de l’expliquer c’est l’envers du décor qui prend le dessus et qui laisse ce goût amer.

Vite, il faut se reprendre.

 

4 thoughts on “Une jeunesse sous influence

  1. Elo

    Je suis d’accord avec toi Barbara sur cette analyse du film. Ce qui pose problème avec ce film, ou me pose problème, c’est que la vision du film en tant que démonstration de la décadence de la
    génération qui nous suit n’est pas ce que voit les jeunes dont on parle justement dans le film. Cette génération ne voit pas les dangers extrêmes que cette débauche peut engendrer, pour eux il n’y
    a pas d’analyse sociologique, c’est juste « un film super trop bien qui donne envie de faire la fête comme eux et où il y a des meufs trop b**** » (extraits réels)…ça fait peut-être « vieille
    branche » de dire ça et certes il ne faudrait pas considérer que toute cette génération est à cette image mais je ne vois pas l’intérêt de faire ce genre de film pour à nouveau « donner à manger » du
    sexe, de la drogue, du trash car pour cela et pour nous montrer la décadence de cette génération on a déjà toutes les émissions de télé-réalité.

  2. Barbara

    mouais… je suis d’acc à 50% avec toi. Je n’ai pas entendu ce genre de commentaire donc je ne peux pas dire mais j’ose espérer qu’ils ne viennent que d’une grande minorité sinon c’est
    désespérant car je pense vraiment que le film a un but tout autre qui est celui, bel et bien, de dénoncer cette décadence et non pas seulement montrer cette décadence.

    le cinéma comme tout autre art est à prendre avec des pincettes, comme je le dis souvent : c’est un vrai miroir de notre société / monde mais à l’image de cette société / monde il faut justement
    savoir l’analyser et pas « gober » bêtement tout ce qu’on nous montre / dit.

    pour ce film, ça m’a fait assez rire car j’ai entendu pas mal de gens se plaindre à la fin de la séance en disant qu’ils ne s’attendaient pas du tout à ça… qu’ils pensaient voir un ptit film
    pour ados avec des nana super bonnes comme tu le dis si bien. Au final, les nanas sont certes là mais le film est bien plus complexe que ça. C’est comme la déception des mecs qui venaient voir
    Drive pour voir des grosses courses de bagnoles et qui ont été super déçus par la lenteur et la profondeur du film.

    Bref, pr conclure, je suis d’acc avec toi dans la mesure ou c’est un film brut qui montre des seins, du sexe (pas trop en fait) des drogues etc et ça peut heurter certaines personnes mais il y a
    un vrai message derriere, et c’est en cela que c’est bien loin de la télé réalité.

    à ce propos, j’ai regardé le Bachelor hier et je trouve qu’il va super bien avec Livia ahaha 😉

  3. film en streaming

    Certes il y a une message derrière le film, mais je me demande combien de gens le verront, ils retiendront juste qu’il faut faire la fête, se droguer et se verser dans la débauche car c’est cool.
    Juste un point de vue.
    mistergoodmovies.net

  4. Barbara

    c’est exactement la discussion que j’ai eu avec pas mal de personnes de mon entourage. Je ne suis qu’à moitié d’accord : certes certaines personnes ne verront que le coté festif et surpra fun de
    ce genre de rassemblement / fêtes et auront envie de partie en spring break mais c’est au mm titre que la vie en général. Il y a certaines personnes, jeunes ou pas d’ailleurs, qui « gobent » les
    infos qu’on leur donne (via les media, les livres, le cinéma…) sans l’analyser une seconde et puis d’autres qui cherchent un peu plus loin, qui tentent de réfléchir à toute l’info que l’on nous
    débite.

    Pour rester sur la jeunesse, oui peut etre que ce film donnera à certains l’envie d’aller se faire un spring break et au fond : why not ! tous les jeunes qui font des spring break ne finissent
    pas meurtriers ou drogués…

    je trouve que ce film a au moins l’intelligence de montrer une réalité, de dénoncer les dérives de notre société après à chacun d’entre nous de réfléchir à tout ça.

    Concerant les jeunes encore, l’adolescence est en effet un âge ou l’on est très influencable et pret à tout tester : on est tous passés par cette période de la vie… et puis jusqu’à la fin du
    monde les ados continueront à faire leurs expériences, à tester les limites etc… aux adultes de donner justement ces limites et de donner un cadre à ces jeunes afin qu’ils puissent faire tous
    les springs break qu’ils veulent mais sans pour autant se perdre dedans

    juste mon opinion 🙂

    tks pour le com et à bientôt

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