AMHA (A Mon Humble Avis)

Rock N Roll

Posted by Barbara GOVAERTS

Un film dans le film du film de son film. Sacrée « inception » pour une vraie introspection.

Vous n’avez sans doute pas échappé à la promotion du dernier film de Guillaume Canet pour lequel il nous infiltre, nous spectateurs, au cœur même de son quotidien et de son intimité.

L’idée était assez follette pour m’intriguer. A l’heure où l’un des couples français les plus en vue fait l’objet des rumeurs les plus folles – Marion serait enceinte de Brad (oui Pitt) avec qui elle a récemment tourné, vivrait à LA et aurait abandonné toute velléité de partager des moments de vie avec sa famille, lorsque Guillaume, éternel « genre idéal » serait en perte de vitesse et en proie à une grosse crise existentielle – le réal scénarisé pour Ne le dis à personne trouve une maligne idée pour évoquer cette drôle d’époque qui n’a d’attrait que pour le voyeurisme ou encore le jeunisme : en un mot, plein de mots en isme pas très folichons.

Nous voilà donc près de 2h durant en compagnie du couple Canet / Cotillard et de leurs amis : de Johnny H qui allume le feu à la nuit tombée en passant par Gilles Lellouche ou encore Maxim Nucci avec qui il partage des nuits de poker et de fête parfois endiablées.

Tout est fait pour nous donner l’impression qu’un pan de sa / leur propre vie se déroule sous nos yeux en n’oubliant jamais de nous rappeler qu’il s’agit bel et bien de cinéma. En cela j’ai trouvé le film et son propos intéressants.

Nous sommes à chaque seconde dans une fiction qui fait se mêler tous les clichés véhiculés sur le couple (Marion en actrice bien trop consciencieuse qui ne parvient plus à faire le distinguo entre son métier et sa vie perso) et qui véhicule une vraie idée de comédie. J’ai franchement ri et je trouve utile de rappeler que convoquer le rire chez chacun des membres d’une salle de cinéma n’est pas une mince affaire. Le pari est réussi tant le second degré, savamment dosé, fonctionne.

Marion trouve en plus le moyen de prouver, à nouveau, ses talents d’actrice – Guillaume aussi soit dit en passant.

Mais c’est la deuxième partie du film qui marque encore plus. Guillaume Canet étire son sujet et va jusqu’au bout de son propos (et de son délire) en convoquant là aussi le rire mais en faisant surtout réfléchir aux aléas de cette société qui place le physique et la forme physique au sommet de tout. Tout y passe, de cette folie du bio en passant par la toute-puissance du corps et du sport en passant par le recourt à la chirurgie esthétique qui permettrait de gagner quelques années et de retrouver un entrain que l’on avait perdu. A ce moment, le rire n’est plus le même, il est toujours au coin des lèvres mais véhicule une presque gène qui nous permet de comprendre que nous sommes tous concernés par ce qui se passe à l’écran aussi cinématographique et « exagéré » soit-il.

Son film est au final une belle démonstration de notre égotisme à tous et semble vouloir nous redire l’importance de ne jamais se conformer mais de toujours être en ligne avec soi-même.  Une bonne antidote à cette tentation de peopolisation ambiante.

 

1 Comment

  1. Paule

    Commentaire intéressant qui donne envie de voir le film pour se dire que l’on n’est peut-être pas les seuls à remarquer les déviances de notre quotidien.

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