AMHA (A Mon Humble Avis)

Proxima

Posted by Barbara GOVAERTS

Rarement la fameuse « charge mentale des mères » dont se gargarisent de nombreux magazines féminins aura été si bien portée à l’écran et incarnée.

Sarah est une astronaute chevronnée qui se prépare à sa prochaine mission sur Mars. Elle jongle alors avec sa préparation physique quotidienne et ses séances de psy qui entend l’aider à gérer la séparation à venir d’avec sa fille.

Sa fille c’est Stella (ça ne s’invente pas, le chat c’est Laika !) et elle admire sa mère d’être l’héroïne qu’elle est autant qu’elle lui en veut de devoir partir…

La réalisatrice Alice Winocour filme avec grâce le lien qui unit cette mère et sa fille et dit toute la force mentale qu’il faut à cette femme pour que jamais elle ne raccroche et ne baisse les bras. C’est ce qui incombe aux personnes qui ont une vocation, qui vivent de leur passion… Comment compartimenter, comment faire la part des choses entre sa passion et sa mission de mère ? C’est là que le film place son curseur et dit avec une vérité totale le combat des femmes pour parvenir à faire coexister ce tout.

A ce titre, certaines trouvailles sont d’une grande finesse comme cette plaie qui ne cicatrise pas alors que l’astronaute est en parfaite santé. Son corps parle pour elle (comme il parle pour nous tous) et dit sa vulnérabilité face à la décision qui lui incombe… Et toute la culpabilité qui nappe et nimbe chacune de ses actions.

C’est très touchant et tout dans le regard de cette petite fille dit l’adoration mêlée à l’émerveillement… doublé de cette fichue peur de l’abandon.

Tout est ténu mais toujours bien imbriqué au point que le film est toujours sur le fil mais tellement vrai dans ce qu’il révèle de la relation forcément fusionnelle entre une mère et sa fille de 8 ans.

Jamais encore je n’avais vu à l’écran une actrice (incroyable Eva Green) en mesure de se mettre dans la peau d’une super héroïne (ses coéquipiers d’abord sexistes sont bien obligés de se rendre à l’évident : Sarah super performe) et de se montrer si fragile par ailleurs… « Nous ne sommes pas des robots » lui dira son coéquipier américain.

Justement, c’est cette dualité qui est si bien marquée tout au long du film qui offre un final grandiose qui lie alors la machine à l’Humain.

10,9,8,7,6,5,4,3,2,1,0 Ignition and lift off. Et c’est alors la vie humaine qui quitte la stratosphère pour rejoindre d’autres espaces…

Subjuguant.

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