AMHA (A Mon Humble Avis)

Lisez bien la notice

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Tout commence avec un regard vide, perdu, triste et sans vie. Emily (ex-cel-len-te Rooney Mara que je découvre d’ailleurs dans ce film) est dans un creux de vague et nous fait bien plus qu’une petite déprime. Elle est dépressive et ce, depuis plusieurs années, suivie par différents psy. On se dit d’abord que cela est dû à l’emprisonnement de son mari, inculpé pour fraude fiscale / délit d’initié bref, une histoire pas claire (Channing Tatum, over sex mais creux.) Pour finalement comprendre qu’il s’agit là d’un état quasi permanent avec lequel elle a appris à vivre. Bienvenu dans l’univers du dernier opus Soderbergien : Effets secondaires.

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On sait Steven Soderberg sur la fin de sa vie cinématographique puisqu’il a annoncé sa volonté de se retirer du milieu, presque déçu par le cinéma qu’il juge trop répétitif et bancal. C’est son choix.

Toujours est-il qu’avant de partir il semble avoir envie de régler ses comptes si ce n’est avec l’industrie pharmaceutique, avec cette société qui a sacrément besoin de reprendre du poil de la bête, cette société en perte. (ndlr, il nous avait précédemment livré Contagion qui traitait déjà de maladie, de virus et de gros sous et dénonçait une société avide prête à tout pour se faire de l’argent sur le dos du peuple.)

Et il n’a pas tort. Je pense en effet qu’il y a un réel besoin de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière. Lorsque l’on sait que la dépression est (avec le mal de dos semble t-il) le mal du siècle. Que des millions de personnes se bourrent de médicaments chaque jour, et qu’ajouté à cela des scandales médicaux pullulent (Mediator et plus récemment Diane 35…) il devient en effet clair qu’il existe une vraie industrie derrière tout cela, un vrai business. Or on ne devrait pas badiner avec la santé. Et une société qui ose même penser pouvoir jouer avec la santé des gens est clairement une société malade.

Cela dit, il nous reste Jude Law, (mon mari que je ne vous présente plus !) et Jude : il est là pour remettre tout à plat. Il joue le rôle du psy qui va prescrire à sa patiente la pilule miracle, celle qui va peu à peu la remettre sur pied… enfin quand je dis « sur pied », je ne vous dévoile pas tout afin de vous laisser le plaisir de la découverte.

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Car comme son titre le laisse entendre : il y a des effets secondaires. A l’image de son héroine qui se croit sortie d’affaire au bout de quelques prises de ce qui semble être une pilule miracle mais qui, finalement, sombre encore plus profond, le réalisateur nous emmène sur une piste qui est tout autre que celle que l’on pensait emprunter.

Soderberg s’amuse à nous balader afin que nous soyons certains d’être sur la bonne voie pour au final nous emmener vers une fin que nous étions loin d’imaginer.

C’est bien là le quasi géni de ce réalisateur précis et soigneux. Il faut surtout bien lire la notice avant usage !

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