Bonheur de retrouver le cinéma de Bruno Dumont.
Avec ce nouveau film, tous les voyants sont au vert. Il s’en dégage un charme ravageur, presque immédiat.
Ces deux bandes d’enfants qui sautent des rochers ont instantanément embarqué mon cœur.

Ce qui me touche chez Dumont, c’est précisément cela : cette capacité à regarder ses personnages avec respect, curiosité et tendresse. Jamais il ne les réduit à ce qu’ils représentent. Il les observe, les accompagne, leur laisse toute la place nécessaire pour exister.
Le résultat est troublant. On a parfois moins l’impression de regarder des acteurs que de rencontrer des êtres humains.
Et quel rappel de ce que le cinéma peut accomplir lorsqu’il saisit quelque chose de vrai : une démarche, un regard, une hésitation, une façon d’être au monde. Encore faut-il savoir capter ce moment fragile où une personne cesse de jouer pour simplement être.
C’est de cette humanité-là dont il est question ici. Une humanité profonde, sincère, traversée d’une dignité parfois emplie de loufoquerie qui fait beaucoup de bien.

Et puis il y a ce soleil.
Cette lumière qui semble envelopper les personnages autant que le film lui-même.
Comme une promesse de douceur même dans un monde compliqué où il est parfois difficile de vivre dignement et correctement.
Bruno Dumont et son cinéma nous rappellent que ce sont les choses simples et vraie qui comptent.
