AMHA (A Mon Humble Avis)

Le choc

Posted by adminBarbara

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Il m’aura fallu voir le film 3 fois pour enfin parvenir a extirper quelque chose de mon cerveau. Ce que je ressens est très étrange : je suis comme envoutée par le film mais ne parviens pas vraiment à en parler et à échanger sur le sujet. Je n’ai pas les mots pour vous parler de The Dark Knight Rises, le dernier opus de la trilogie Batman commanditée par Chris Nolan. Je vous le dis, je n’ai pas vécu ni ressenti de pareil choc cinématographique depuis bien longtemps.

Ce film est d’une telle puissance, d’une telle maîtrise (à un détail près, j’y reviendrai) qu’on en ressort avec cette impression d’avoir vécu une expérience extraordinaire.

Je vais donc tenter de retranscrire les points principaux qui font de ce film l’un des grands chefs-d’oeuvre de cette décennie. (si si)

Bruce Wayne / Batman himself / Christian Bale : le héros déchu

Je les mets tous les trois dans le même panier, déjà parce qu’ils ne forment qu’un seul personnage et parce que la force du Héros Batman est clairement donnée par la force de son interprête : Christian Bale que je n’avais encore jamais vu si convaincu. Dans cet épilogue, Batman est en bout de course et n’a d’ailleurs plus sorti le bout de son nez depuis bien longtemps. il vit reclu dans son « palais » et est physiquement diminué. Ceci est vrai pour Bruce et pour son double Batman. Il représente plus que jamais le héros déchu. Bale exprime avec une intensité assez bluffante la douleur mêlée à la honte d’avoir failli à la mission qu’il s’était fixée à savoir : sauver la population de Gotham. Ajoutez à cela l’impossible douleur liée à la perte de celle qu’il aimait (Rachel). N’ayons pas peur des mots : Bruce / Batman nous fait une bonne dépression.

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Bane : le terroriste en mission

C’est justement le retour de Bane à Gotham qui va faire sortir la chauve souris de sa tanière. Bane c’est Tom Hardy et c’est à mon sens le personnage le plus bluffant de cet épisode. On connaissait déjà l’intensité de Batman mais là, c’est un monstre à bien des niveaux qui vient semer la terreur sur la ville. Bane est de ceux qui n’ont peur de rien ni de personne, qui agissent dans la pénombre afin d’anéantir le monde, sans but ni motif sinon celui de la haine et de la destruction massive. On apprendra que Bane a grandi dans un taudis qui ne lui aura laissé pour souvenir que l’amertume de la souffrance humaine et de la déshumanisation. Tom Hardy livre à mon goût une performance incroyable. Il parvient à faire passer des émotions d’une force incroyable alors que l’on voit à peine son visage. cela passe surtout par la gestuelle et par la voix qui résonne encore dans ma tête. (la passage durant lequel il fait son discours est bluffant d’intensité). Il faut le voir prendre à coeur la mission qu’il s’est vue confier, à savoir réduire en cendres la ville de Gotham. C’est à se demander comment il est parvenu à emplir ses yeux de haine à ce point là sans en être perturbé dans la vraie vie. Les photos ne lui rendent pas justice, il faut le voir se mouvoir, de déplacer telle une bête assoifée de vengeance et de souffrance. Un vrai défi, remporté haut la main. Je ne verrai plus cet acteur de la même façon.

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Catwoman / Amanda : les femmes du film

La prédatrice sexy de cet épisode apporte la touche glam du film. J’ai trouvé Anne Hathaway / Catwoman fort convaincante dans ce rôle de voleuse au grand coeur. Elle est « bitchy » juste ce qu’il faut, elle ne va jamais trop loin – ce qui risquerait de rendre son rôle désagréable et irritant mais parvient à jouer une belle palette d’émotions. Ce qui n’est pas le cas de Marion Cotillard j’en ai bien peur. Chouchoute du cinéma US, elle ne remplit son rôle qu’à moitié et semble parfois perdue face à ce casting de rêve. En attendant on rit ou au mieux on sourit en la voyant tenter de crapahuter parmi les autres acteurs du film et on hurle de rire lorsqu’on assiste à son décès (sujet overtraité sur le net si j’ai bien suivi)… link C’est même à se demander comment Chris Nolan a pu laisser passer ça ! Il en avait sans doute marre de la perfection et s’est dit que cet épisode viendrait rendre au film un coté plus « simpliste » et réel sans doute…

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L’ambiance

« Cette trilogie méritait une fin digne de ce nom » disait Christopher Nolan lors d’une interview : je pense qu’il n’a pas failli. On n’a pas vu une ambiance plus « dark », plus pesante depuis fort longtemps. J’ai eu l’impression que chaque parole était mesurée et qu’elle correspondait parfaitement au rythme du film. Prenez les premières paroles de la scène d’ouverture (dites par Gary Oldman / Gordon) : on est déjà dedans au bout de 30 secondes ! La musique vient également jouer un rôle clé en nous plongeant encore plus dans cet univers noir et ténébreux. A chaque projection, j’ai eu le coeur retourné à bien des moments. Tout est d’une maîtrise parfaite, c’est assez incroyable. Vous êtes pris aux trippes en fait ! rien de moins. Je serais même à deux doigts de parler d’un film essouflant tant la juxtaposition des scènes ne laisse aucun temps de répis. Le rythme est clairement haletant.

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Les thèmes sociaux du film

Enfin, et c’est là sans doute mon coté sensible et féminin qui parlera mais je dois dire que je n’aurais pas tant aimé ce film si je n’y avais pas retrouvé les thèmes humains et sociaux qui y figurent. Je n’accepterais jamais une telle violence (tout aussi cinématographique soit-elle) si elle n’avait pas pour but de mettre l’accent sur ce besoin de paix dont la ville de Gotham et plus largement le Monde ont besoin.

Batman, en tant que justicier, n’a d’autre but que de faire régner la justice dans cette ville qu’il chérit tant. A l’instar de Robin qui a, lui aussi, perdu ses parents, Bruce n’a d’autre ambition que de venir en aide à ceux qui souffrent et en particulier aux enfants : personnages clés de ce dernier opus. Le but ultime perpétré par Batman n’est autre que de mettre à l’abri et sauver, avec l’aide de son ami Robin, les enfants de la ville et par conséquent leur offrir un futur digne de ce nom.

J’ai aimé cette mise en perspective et cette réflexion sur la violence qui peut surgir d’une enfance difficile. Bane clairement est l’archétype de la personne qui, n’ayant connu que la souffrance, la haine et la violence, se voit incapable de connaitre toute autre forme de défense ou de dialogue (léger bémol avec celle que l’on découvrira être son acolyte et pour qui il semble avoir des sentiments). Bane n’a pour seule mission que de rendre et disperser toute la douleur (physique et morale) qu’il a engrangée depuis sa naissance. Au contraire, Robin et Batman, ayant connu la souffrance liée à la perte de leurs parents, joignent leurs forces afin de faire en sorte qu’aucun autre enfant ne connaisse la souffrance à laquelle ils ont été confrontée (famille d’accueil, foyers…) Emouvante scène que celle durant laquelle Robin parle de ce mal-être et de cette souffrance qu’il a réussi à combattre en se mettant au service d’autrui : en l’occurence, au service de la ville (en tant que flic) et des enfants.

Enfin, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre le film, ses thèmes sociaux et le fait que 2012 soit une année politique pour les Etats-Unis. le discours de Bane sur la place publique et les mots de la scène de fermeture nous rappellent qu’il y a toujours un choix à faire entre le bien et le mal. 

So long Batman.

Retour plus en détail sur le film, les acteurs et la réalisation :

 

 

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