AMHA (A Mon Humble Avis)

La liberté par l’enfermement

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Décidément Jean-Paul Lilienfeld aime les huit clos, les endroits sombres et sans vie et surtout les lourds secrets restés enfouis.

Après La Journée de la jupe, grande réussite à mon goût, le réalisateur revient avec Arrêtez-moi, un face a face prometteur mais décevant entre Miou Miou et Sophie Marceau.

Le pitch est simple : une nuit, une femme (Sophie Marceau) entre dans un commissariat et demande au lieutenant qui effectue la garde (Miou Miou) de l’arrêter. Elle affirme avoir tué son mari dix ans plus tôt.

Un mari qui la battait quotidiennement, qui l’humiliait et la terrorisait. Sans vraiment réfléchir, sans vraiment le vouloir, elle l’a poussé dans le vide. La police avait conclu à un suicide et avait classé le dossier sans suite.

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C’est un peu ce que l’on souhaiterait faire nous aussi : classer ce film sans suite. Car autant La journée de la jupe m’avait totalement convaincue, là, je ne suis jamais parvenue à vraiment entrer dans le film.

Le sujet est sensible et terrible. il est peut-être même plutôt bien traité. Sophie Marceau parvient à jouer la terreur, la soumission, la perte totale de confiance en elle. A tous les niveaux on la sent à bout, perdue, détruite.

Miou Miou quant à elle, est partagée entre la volonté de juger cette femme « mais pourquoi êtes-vous restée avec un tel con » lui sort-elle, hors d’elle, et l’envie de la sauver – en refusant de prendre sa déposition.

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A certains moments on a envie d’y croire, on a envie de se laisser porter par cette triste histoire, glauque, morne – au même titre que le lieu dans lequel se déroule la quasi totalité de l’action (le bureau du lieutenant) mais non, on reste sur nos gardes comme pour mieux échapper à une éventuelle issue fatale.

Crédibles à certains moments clé, les deux actrices semblent pourtant parfois trop en retrait par rapport à leur rôle. Je pense surtout à Sophie Marceau qui essaie, ô ça oui, elle donne tout on le sent, mais sans vraiment parvenir à parler vrai.

Je sais que le sujet est délicat, sans doute très difficile à jouer mais je n’y ai jamais vraiment cru et c’est ce qui m’a géné.

Au même titre que Miou Miou qui croit ce que Sophie Marceau dit mais refuse tout de même de prendre sa déposition, on croit à leurs efforts (ceux du réalisateur y compris) mais sans vraiment parvenir à recevoir et accepter ce qu’ils nous donnent, ce qu’ils nous proposent.

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Enfin, le personnage joué par Sophie Marceau voit la prison comme un moyen de se libérer de sa culpabilité, de ses remords, de ses peines et de sa douleur (sans doute l’unique point fort et profond du film). Cette femme est tellement détruite que l’idée de ce « séjour » en prison lui apparait comme étant l’unique moyen de revenir à la vie. Le fait de « payer sa dette » lui permettrait de ressortir en étant une nouvelle personne, une personne libérée de ses souffrances et de sa culpabilité, une femme libre dans tous les sens du terme.

Personnellement je me suis sentie libre après avoir quitté la salle.



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