Hors normes

Hors normes

Plus besoin de présenter Toledano & Nakache. Les deux comparses sont de retour avec leur nouvel opus.

A l’affiche : Vincent Cassel (superbe de naturel : son corps et ses yeux disent et montrent tout ce qu’il a de meilleur en lui) et Reda Kateb (à nouveau tendre et touchant à souhait) et quelques acteurs en herbe qui m’ont soufflée. Ils sont autistes – dits « sévères » – et révèlent à l’écran toute leur singularité mais surtout leur énergie et leur bonheur à vivre une expérience de cinéma, au plus près de la caméra.

Autant le dire tout de go : ils sont de ces personnes et citoyens que la société refoule. On ne sait que faire d’eux et dans ce marasme socio-économico-politico, des associations existent et œuvrent au quotidien, pour les entourer et les accompagner.

Ce regard… ce sourire

Ce sont leurs actions qu’entendent filmer les deux comparses déjà à l’origine d’une certaine vision du « cinéma vérité » avec leur succès Intouchables.

C’est au final dans une bulle d’humanité qu’ils nous emmènent. Dans un univers où le quotidien n’est jamais certain, n’est jamais linéaire mais où chaque victoire compte double, triple et même plus. Et tout simplement car elle implique et impacte la vie et le quotidien d’un jeune en devenir, d’un jeune autiste dont l’avenir est devant lui.

On se balade alors à la lisière du documentaire mais c’est bel et bien le cinéma qui l’emporte avec une incursion au plus proche, de ces jeunes en quête de projets, de succès, d’affection, de reconnaissance et de challenges.

« Je peux poser ma tête contre ton épaule »
Etre encore et toujours capable de moments de tendresse.

Hors normes illustre alors l’apport majeur de la tendresse, du groupe qui cadre et au sein duquel on apprend à trouver et à prendre sa place.

Entre bienveillance et humanité : deux mots qui font peur tant ils sont galvaudés et souvent utilisés à mauvais escient, Toledano et Nakache parviennent une nouvelle fois à dire que chaque geste compte, que chacun d’entre nous peut, à son échelle, agir et aider… qu’il suffit pour cela de vouloir, à un moment, donner de sa personne, sortir de sa bulle pour accepter d’aller vers l’Autre.

Totalement cliché et démago ? Impossible lorsque l’on filme avec les yeux de l’amour et du respect comme le font ces deux là.

Un film humaniste. On ne va pas bouder ce plaisir là.