AMHA (A Mon Humble Avis)

En toute Humanité

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« Les temps sont durs », nous l’entendons ou le vivons au quotidien. Avec la crise, vient la peur, l’angoisse du lendemain et bientôt, le repli sur soi semble ne plus être que l’unique solution envisageable. Penser à soi avant de tout perdre – surtout ne penser qu’à soi au risque d’évincer l’autre. Oui, tout est mis en place, tout est dit pour nous pousser à croire que les places sont limitées, que les places sont chères – et on entre dans une ère d’égoïsme sans précédent.

 

Avec une telle mentalité, on ne s’étonnera pas de voir que des pans entiers de la population (ceux qui ne peuvent compter sur leur famille ou leurs amis) se retrouvent livrés à eux mêmes dans des conditions déplorables. Je ne parle pas de contrées lointaines, mais de ce qu’il se passe en bas de chez vous, de chez moi.

 

La crise : ce mot doit désormais être le mot le plus recherché sur Google, semble tout emporter sur son passage : du travail, aux logements en passant par l’humanité que l’on pouvait avoir pour l’autre. Aujourd’hui, seul le MOI semble compter. Alors forcément, lorsque deux films à l’affiche nous donnent à voir le peu d’humanité et de partage qu’il reste sur Terre… et bien, nous courrons pour y jeter un oeil.


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Intouchables (je ne suis pas encore certaine d’avoir saisi tout le sens de ce titre) met en lumière l’histoire vraie de la rencontre entre un jeune délinquant de banlieue et un riche aristocrate devenu handicapé à la suite d’un accident. J’ai hésité à préciser cette notion de handicap car le point d’ancrage du film n’est, selon moi, pas situé à ce niveau là. Le film raconte la grande histoire d’amitié établie entre deux hommes que tout opposait : tant leur milieu social que leur façon de penser et de vivre. C’est en cela que le message est fort. En ces temps où l’on a de plus en plus peur de « l’autre », de la différence – cette leçon d’amitié vient nous redire qu’il ne faut jamais se laisser gagner par les préjugés et accepter de s’ouvrir à l’autre et à ce qu’il peut nous apporter.

 

Ca peut sembler un peu « bisounoursland » mais le fait que ce film retrace l’histoire vraie de ces deux hommes, prouve que c’est possible. Et c’est, je pense, la raison pour laquelle ce film résonne si fort en tous ceux qui l’ont vu (les critiques positives sont unanimes). J’entendais déjà les plus sceptiques crier à l’imposture dès que les lumières se seraient rallumés « ouais c’est beau mais dans la vraie vie ça se passe pas comme ça »…

 

Et bien si justement ! si on y met du sien, tout est possible.

 

J’en ai parlé dans le post précédent, c’est la musique qui vient symboliser ce rapprochement de deux univers dans le film. Cette scène durant laquelle Idriss (Omar Sy) et Philippe (François Cluzet) se font découvrir respectivement Earth Wind and Fire et Chopin, Bach, Vivaldi…exprime clairement leur ouverture respective à la vie / au milieu de l’autre.

 

Vous l’aurez donc compris, le handicap de Philippe vient ajouter une part de respect et d’ouverture à l’autre encore plus grande, mais ce film raconte avant tout le rapprochement de deux hommes que tout semble opposer.


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Je vous parle d’une vraie merveille qui véhicule un message d’amour, de respect et d’humanité rarement vue de façon aussi brute, forte et puissante au cinéma.

 

 

 

 

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La source des femmes, dans un registre différent, vient également titiller nos émotions en nous montrant le quotidien de femmes qui luttent pour faire entendre leur voix dans un monde d’hommes machos et égoïstes qui pensent détenir LA vérité. Mais depuis quand n’y a t-il qu’une vérité ? Ce film met l’accent sur le besoin de partage, d’écoute et d’échange. Chacun devrait être capable d’exprimer une opinion.

En ce sens, le film de Radu est une réussite car il donne à réfléchir et offre des éléments de réponse sur un sujet trop souvent décrié ou mal traité.

 

Là : aucune peur à avoir. On se permet de parler de l’Islam sans taboo et sans peur de dire des choses fausses ou qui donnerait lieu à une mauvaise interprétation. La pensée est claire, humaine et intelligente : ce qui favorise tous les discours.

 

L’Islam se doit d’être ré interprété pour bon nombre de personnes qui se proclament « connaisseurs » sans jamais avoir ouvert le Coran ou en l’ayant interprété de façon tellement archaïque qu’elle ne reflète aucune réalité.

 

L’amour et le respect se doivent d’être au coeur de toute interprétation afin de contenter et enrichir la vie de tout à chacun.

 

Ce portrait de femmes qui décident de se lever afin de favoriser leur bien être (elles refusent de continuer à aller chercher seules l’eau qui se trouve en haut des montagnes et qu’elles recueillent au péril de leur vie – littéralement) est empli de force et de courage. Le printemps arabe qui a eu lieu il y a quelques mois montre que le sujet est plus que jamais d’actualité. Des inexactitudes et des injustices nous demandent tant de courage – il en faut de la force et de la volonté pour faire tomber les montagnes de la haine et du non respect…

 

Cette façon déjà de se lever contre les coutumes anciennes ancrées depuis des siècles est un signe de courage sans nom.

 

Ensemble, elles se donnent de la force lorsqu’une se met à douter et est proche de l’abandon. Et cette thématique nous parle à tous, sans même que nous soyons musulmans ou femme… Nous avons sans doute tous au moins un jour eu à nous battre pour défendre tel ou tel idéal, telle ou telle idée – seule la volonté est payante et la foi en notre capacité à changer les choses / les situations.

 

Toutes les actrices du film sont formidables d’humanité et une fois encore celle qui parvient à m’extirper le plus de larmes est Hafsia Herzi avec son envie de liberté et d’escapades… Magnifique, sublime. Un message de paix, un message de vie.

 

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