AMHA (A Mon Humble Avis)

Dune

Posted by Barbara GOVAERTS

Je n’ai jamais lu le pavé Dune (le roman SF de prédilection signé Frank Herbert) mais ai le sentiment d’avoir tout entendu de son adaptation cinématographique et de la malédiction qui lui est associée.

De la – pardon – daube signée Lynch en passant par les véléités grandiloquentes de Jodo (Alejandro Jodorowsky) qui avait pour volonté de créer une oeuvre grandiose qui apporterait aux spectateurs je le cite « les sensations liées au LSD sans les hallucinations réelles du LSD »… un beau projet. Résultat, aucun des deux n’avait lu le roman (génant lorsque l’on souhaite se l’approprier) et Jodo s’est perdu en route et son projet est tombé dans les limbes.

Depuis lors, la cinéphilie mondiale parle d’une malédiction qui rendrait impossible l’adaptation du roman vu comme étant la source la plus pure de la SF (science fiction).

C’était sans compter sur Denis Villeneuve qui après des débuts somme toute discrets (Incendies, Prisonners, Premier contact et Sicario) à dépoussieré le grand classique Blade Runner starring un Ryan Gosling plus mutique, énigmatique et charismatique que jamais. Je n’oublierai pas de sitôt ces couleurs, ces déambulations et cette atmosphère si puissante et délicate qui nous disait, déjà, beaucoup du monde d’aujourd’hui et de celui vers quoi nous marchons…

C’est alors qu’il a pris à bras le corps l’adaptation de ce Dune, faisant fi des histoires de sortilèges ou de pandémie (qui a sacrément retardé son projet).

Et enfin alors il m’est donné d’entrer dans cet univers et de toucher du doigt la richesse de cette création.

Tout à la fois oeuvre féministe, environnementale, politique, sociétale, religieuse… Dune (1965) est d’une abondance rare et dit tous les questionnements, les maux et les préocupations de notre société de 2021. Et rien que cela, fait grandement réfléchir !

Oeuvre visionnaire, sans aucun doute, mais cela ne serait-il pas là l’occasion de dire, enfin, que le monde est sans doute une boucle. Une boucle au sein de laquelle il nous est donné d’avancer, de nous connaitre, mais une boucle qui a, depuis fort longtemps, posé les bases, et dans laquelle les choses tendent à se répéter.

Nous, lecteurs et spectateurs de Dune en 2021, pouvons y voir la question religieuse du film par le prisme du terrorisme qui n’existait pas en ces termes dans les années 60. Et c’est sans aucun doute là, la définition même d’un chef d’oeuvre, d’une oeuvre parfaite : celle là même qui parle et vit encore et encore au fil des ans, des décennies. Fascinant !

L’opus de Denis Villeneuve met cela en exergue, via un cast plutôt parfait. Timothée Chalamet est très bon dans le rôle de cet élu non voulu mais indispensable.

Et puis il est indéniable que le réalisateur parvient à créer des univers, le mouvement dans son film est quasi permanent et avec lui la musique parfaitement adaptée. Sur le plan technique, je crois bien que son film est quasi parfait.

Dommage alors qu’il n’ait pas réussi à m’emporter, à m’embarquer loin… Dans cet ailleurs que promet l’oeuvre déjà, et le cinéma.

Quelques longueurs et répétitions (encore une tempête de sable ?!) m’ont laissées à terre, sans forcément que cela soit un tue l’amour, car je me suis laissée bercer par le film malgré tout. Mais j’aurais tant aimé qu’il me happe.

Ce sera pour une autre fois, plus loin et plus tard dans la boucle. Cette boucle qu’est la vie.