AMHA (A Mon Humble Avis)

Désaccord téléramesque

Posted by Barbara GOVAERTS

A croire que le soleil a également touché les critiques de Télérama. Non pas que je sois toujours d’accord avec leur(s) avis mais cette semaine, l’incompréhension est telle que je me dois de la partager avec vous.

Tour à tour, Toni Erdmann est « d’une banalité confondante, ringard et navrant », Moka est « hitchcockien » et Instinct de survie est « un excellent thriller qui dresse un superbe portrait de femme ».

Mon avis diverge quelque peu.

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Si je vous ai déjà dit tout le bien que je pense de mon coup de cœur cannois Toni Erdmann, d’une finesse, d’une douceur et âpreté mêlées : un réel souffle novateur sur le cinéma mondial, à l’opposé de ce que peut en dire l’un des critiques de Télérama – je ne vous ai pas encore parlé de Moka ni de Instinct de survie – the shallows (tout un programme ce titre) qui sont les deux derniers films que j’ai eu l’occasion de voir cette semaine.

Moka

Moka nous est donc présenté comme étant un film à l’ambiance hitcockienne. So much for foreplay. Comprenez qu’il ne m’en faut pas plus pour me donner envie de voir le film. Ajoutez à cela la présence à l’affiche d’Emmanuelle Devos et je fonce au cinéma le jour j. Seulement voilà, il faudrait arrêter de catégoriser les films « chabrolien, truffaldien ou encore donc hitchcockien etc dès lors qu’un semblant d’ambiance tend à enrôler la pellicule. Ce Moka n’a pas grand chose d’Hichcock. Emmanuelle est grande, comme à son habitude. A travers son visage passent tant d’émotions, de la vengeance, à la peur, à la douceur. Mais le film disons-le est assez caricatural. Ces grands espaces montagneux entre légèreté et vide abyssal cadrent le récit qui est bien trop linéaire. Oui d’accord, la fin peut surprendre mais vraiment ? C’est tout ce qu’on nous donne ? Je ne peux m’en satisfaire.

shallows

Instinct de survie – the shallows, quant à lui est une non déception. Si tant est que j’avais des attentes en termes de frayeurs requinesques, je n’en n’avais aucune en termes de scénario. Alors, lorsque je lis que ce film est un « thriller remarquable » je sursaute. Oui j’ai été prise par le film. Disons-le, on voit le requin surgir de l’eau pour bouffer un mec puis tournicoter autour du rocher sur lequel la jeune et belle rescapée a trouvé refuge : pas de quoi casser trois pattes à un canard non plus. « Excellent thriller ? » Je ne crois pas. Lorsqu’en poursuivant la lecture, je découvre que ce film offre un « magnifique portrait de femme » je m’étrangle et finis par m’étouffer lorsque je lis que le film propose de « nombreux degrés de lecture sur les rapports humains ». Là je me dis qu’il ne faut pas non plus prendre le lecteur / spectateur pour ce qu’il n’est pas. Instinct de survie est la bluette de l’été : rien de moins, rien de plus mais en aucun cas un film qui offre des perspectives de compréhension du monde ou de nos sociétés ni des relations humaines. J’y ai cependant trouvé ce que j’allais voir : une grosse bête marine fortement dentée, du frisson et une pellicule transpercée par le soleil mexicain et l’eau turquoise. Pourquoi ne pas le dire tel quel. Ça ne me semble pas moins vendeur pour autant ?

De la profondeur du mystère de la critique cinéphile.

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