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BFSC à Cannes # épisode 10 / Ma dernière séance

Posted by adminBarbara

Oui, toutes les bonnes choses ont une fin et je viens d’assister à ma dernière séance.

Et quelle dernière séance ! Une mise en scène sublime, un rythme soutenu, une ambiance macabre mais jamais glauque, une tension qui ne s’affaiblit pas…

Ce matin, j’ai vu Killing them softly (la mort en douce) staring Brad Pitt and Ray Liotta.

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On est directement plongé au coeur d’une ambiance délétère, on est projeté dans cette Amérique post-crise, au coeur même de la Louisiane et le film raconte l’histoire d’un tueur à gages calme et solitaire.

Le film est parfaitement maîtrisé surtout du point de vue de la mise en scène : je n’ai jamais trouvé une scène montrant un mec se faire butter aussi belle ! La musique joue un rôle majeur dans l’évolution des personnages et dans l’évolution de l’action. Toutes les scènes les plus dures sont accompagnées d’une musique douce qui donne au film un relief incroyable. On est sur différents niveaux, différents registres à la fois… on tient à la vie et on prend celle des autres, on ne souhaite pas balancer mais on cherche à protéger sa peau à tout prix…

Il y a du Drive dans ce film à certains niveaux…

Bienvenus dans l’Amérique égoïste, solitaire, enragée et individualiste. Bienvenus dans une Amérique dirigée par l’Argent. Bienvenus dans l’Amérique actuelle.

On est pris dans le film dès les premières secondes (je n’aurais limite envie de revoir ce film que pour son début tant il est prenant, envoûtant, galvanisant..) et on en sortira qu’après avoir bu la dernière parole de Brad Pitt qui offre au film une conclusion réaliste et fatale : NON les Etats Unis et la monde tout entier ne sont pas un lieu ou les gens sont égaux, ce ne sont pas non plus une terre de partage ni même une terre de liberté comme le répètent les politiques lors de leurs discours retransmis à la télé et diffusés en fond sonore tout au long du film.

Le plus fort gagne toujours dans ce monde sans pitié, sans sentiment (Cette explication du titre du film : lorsque Brad Pitt explique qu’il préfère tuer les personnes à une distance suffisante afin de ne pas avoir à entendre les cris et les pleurs de ses victimes. Bel exemple et parfaite métaphore de l’individualisme dans lequel nous vivons.

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Nous sommes donc bien plus dans le film de voyous « basique », nous assistons à une réelle critique de la société américaine, en pleine déroute et plus largement, à celle du Monde mené et dirigé par les forces de l’argent.

2012 est une année politique pour les Etats-Unis également, qui éliront un nouveau président à la fin de l’année. Voici un film qui s’adresse à eux : comment est-il possible de laisser pour compte toute une partie de la population, celle justement qui s’est retrouvée mise à nue après la trop célèbre crise des subprimes. Ce film est une dénonciation du puritanisme américain ambiant qui voudrait que ses habitants ne forment qu’un peuple uni et aimant… La réalité est toute autre malheureusement.

Ce film est une grosse réussite tant sur le fond que sur la forme. Je lui prédis un prix de la mise en scène bien mérité et j’ai hâte de le revoir ! Ca valait bien tout ce tapage sur la Croisette hier soir !

 

 

 


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