AMHA (A Mon Humble Avis), Festivals de Cinéma

BFSC à Cannes 12ème : le before

Posted by Barbara GOVAERTS

Cette année encore, j’ai assisté, en salle à Paris, à la retransmission de la cérémonie et du film d’ouverture de cette nouvelle édition du Festival de Cannes : la 79ème.

Ce fut déjà un pur plaisir que de voir Eye Haidara performer dans le rôle de maitresse de cérémonie. J’ai trouvé qu’elle irradiait de grâce et de naturel même si j’ai senti son stress, ce qui m’a d’ailleurs beaucoup plu.

A l’heure de l’uniformisation, des machines et des IA, voir l’humain dans ce qu’il a de plus puissant : cette fragilité que nous tentons tous de maitriser, d’apprivoiser m’a semblé être la plus belle chose qu’il était possible de voir pour ouvrir en beauté cette nouvelle édition de ce qui doit être le plus grand festival de cinéma au monde. Ne craignons pas de paraitre chauvin : c’est vrai !

Il l’est en tout cas pour moi qui lui suis si reconnaissante de me permettre chaque année depuis 2012, de découvrir – quasi vierge de toute information (quasi, avec les réseaux c’est de plus en plus difficile !) des films que je ne verrais sans doute pas à Paris.

Ce film justement, je l’aurais peut-être loupé à Paris s’il n’avait pas été présenté en ouverture de Cannes. Pensant qu’il s’agissait peut-être d’un film vu et revu, pas spécialement spécial. J’aime pourtant le cinéma de Pierre Salvadori dont je garde quelques bons souvenirs : Dans la cour, A tout prix

Qu’y aurait-il eu à bouder pourtant dans ce film qui regorge de charme, de vitalité et d’ingéniosité ?

La vénus électrique débute par un quiproquo. Suzanne est exploitée par un forain à qui ses parents l’ont vendue. Elle travaille avec lui en attendant le jour où elle aura racheté sa dette et pourra à nouveau être libre. Elle est la Venus electrifica et se donne en spectacle dans un tour qui invite les hommes à venir l’embrasser sur scène alors qu’une réaction électrique se fait et est censée « électrifier leur amour naissant ». Autant dire, une attraction de gros boomers pervers prêts à tout pour embrasser une femme.

Un soir, alors qu’elle sort de scène, elle croise la route d’un riche peintre qui se présente à elle complètement ivre. Il pense trouver en elle la medium qu’il cherchait et lui propose une coquette somme pour réaliser une séance de spiritisme. D’abord marquée par son honnêteté elle refuse pour finalement accepter. Après tout : il faut savoir prendre l’argent là où il est.

Les choses auraient pu s’arrêter là, mais le peintre est tellement satisfait de cette séance qu’il demandera vite à Suzanne / Claudia (le vrai prénom de la medium) la mise en place de séances régulières.

Vous l’aurez compris : ce film pose ses bases sur la question du faux semblant, du mensonge…

Pour se déployer sur les sentiments les plus purs et doux.

Le film part du plus vil pour aller vers le plus beau comme pour nous dire que de tout abus peut naitre la beauté.

Le film dit surtout les endroits où peuvent mener le besoin majeur de débrouillardise. Où sont les limites de la loyauté lorsqu’on a les poches et l’estomac vide ?

Le réal dit cela tout en douceur et fait évoluer ses personnages avec grâce.

Je garde en tête cette scène de description du visage d’un des personnages. Elle dit tant de chose ! Ce que l’on voit factuellement car c’est là devant nos yeux. Et puis ce que l’on choisit de voir si on ouvre son cœur et ses yeux à la lumière des autres.

Les actrices Vimala Pons et Anaïs Demoustier sont exquises. Elles poussent leur jeu vers des contrées tout à la fois rugueuses et marquantes, toujours emplies de beaucoup de douceur.

J’aime le regard que pose le réal sur elles.

Le film a toujours réussi à me rattraper aux endroits où j’aurais commencé à sentir le temps long. En cela, le rythme est parfaitement maitrisé et tenu.

Le récit d’Irène est à ce niveau-là une très belle idée de scénario…

Un très bon film d’ouverture qui ouvre le bal à une compétition riche qui je l’espère me / nous réservera de belles émotions, sursauts et surprises. Je ne demande que ça !

On y va !

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