Depuis Grave, je me surprends à apprécier le cinéma de genre.
À sa sortie, je qualifiais ce film de “cru, vénéneux, âpre, direct et sans faux-semblant”, et je repense encore avec plaisir à cette découverte cinématographique finalement assez rafraîchissante.
L’an dernier, The Substance est venu raviver ce sentiment. La preuve qu’un cinéma radical, viscéral et frontal peut aussi être porté par une véritable vision de mise en scène.
Cette année, poussée par la curiosité, j’ai donc découvert Sanguine, présenté à Cannes en séance de minuit.
Et quelle déception.
N’est pas Julia Ducournau ou Coralie Fargeat qui veut.
Tout, ou presque, m’a laissée à distance. Et cela m’ennuie de l’écrire, tant j’aime défendre un cinéma qui tente, qui ose, qui déborde parfois. Mais ici, l’outrance semble n’exister que pour elle-même.
C’est laid. Laid dans son image, dans sa manière d’appuyer chaque effet, dans cette volonté permanente de choquer sans jamais véritablement raconter.
Le film semble confondre violence et intensité, crudité et profondeur. Là où Grave ou The Substance parvenaient à faire émerger du trouble, du désir, du corps et même du politique, Sanguine m’a donné l’impression de tourner à vide.
Et pourtant, il y avait matière. Le film tente de parler du corps, du regard porté sur lui, du féminin, de l’instinct, peut-être même de la rage contemporaine. Mais rien ne prend réellement forme. Les personnages restent à l’état d’esquisses et la mise en scène peine à dépasser le simple exercice de style. Et puis c’est désagréablement moche.
Reste malgré tout cette curiosité propre aux séances de minuit cannoises : celle de voir émerger des objets cinématographiques imparfaits, excessifs, parfois ratés, mais qui témoignent d’un désir de cinéma.
