Quelle épreuve que ce film.
Je ne suis décidément pas sensible au cinéma de László Nemes, que je trouve esthétisant, démonstratif et parfois même profondément racoleur.
Le réalisateur pousse encore plus loin cette manière de filmer l’horreur dans une recherche permanente d’intensité. Le film monte progressivement en tension jusqu’à se concentrer sur le face-à-face entre Klaus Barbie, responsable notamment de l’arrestation et de la mort de Jean Moulin, et la figure du résistant français.
Et c’est précisément là que le film me met mal à l’aise. Non pas parce qu’il montre la violence ou la torture, certains sujets l’exigent parfois, et le font bien, mais parce qu’il semble les filmer avec une fascination esthétique qui finit par prendre le dessus sur le reste.
Oui, la mise en scène est maîtrisée. Oui, certaines séquences sont puissantes. Mais cette virtuosité même devient ici problématique à mes yeux, comme si le film cherchait moins à interroger l’horreur qu’à produire un effet de sidération spectaculaire.
Gilles Lellouche incarne pourtant ce résistant avec engagement et retenue.
Mais cela ne suffit pas à me convaincre. D’autant plus sachant la réaction qui fut la sienne lors de la conférence de presse organisée pour présenter le film à Cannes.
Le film demeure à mes yeux profondément poseur, prisonnier de sa propre dimension esthétisante.
Très peu pour moi.
