AMHA (A Mon Humble Avis), Festivals de Cinéma

BFSC à Cannes 12ème : J2

Posted by Barbara GOVAERTS

Fatherland, En compétition pour la palme d’or

Dans un noir et blanc et une mise en scène d’une classe intacte, le réal Pawlikowski poursuit son exploration des boulversements chariés par les conséquences de la guerre.

La première scène, remarquable de mise en scène m’a de suite emportée. La voix de Sandra Huller, reconnaissable entre mille, et cette conversation sur le fil, murmurée mais tant habitée. Qui sont-ils ? Amants, unis par le sang ?

On le saura dans la scène suivante qui parviendra dès lors à nous accompagner vers un récit fortement habité par la question des liens familiaux.

C’est beau formellement, visuellement… mais ça manque d’ancrage à mon sens. Sans doute est-ce trop bien ficelé pour laisser entre apparaitre une vraie émotion. Et c’est bien dommage car la qualité est là, indéniablement.

Nagi Notes, En compétition pour la palme d’or

Beauté visuelle et quête de naturalisme dans ce film notamment traversé par le travail de cette femme qui créé avec ses doigts. Solitaire retirée dans son atelier situé dans la campagne de Tokyo, elle reçoit ses modèles et sculpte leur visage dans la matière : bois, argile… C’est sa façon à elle de leur dire son amitié, son intérêt et le regard qu’elle porte sur eux.

Le film s’attarde alors sur ses retrouvailles avec son ex belle soeur avec qui elle avait perdu le contact.

C’est pur, c’est doux… mais c’est aussi lent et peu entrainant.

Reste le sourire désarmant de l’actrice principale.

Gabin, Quinzaine

Gabin ne souhaite pas reprendre la boucherie de son père qui le vit mal. Il ne comprend pas la raison de ce refus. Est-ce une forme de rebellion ? De manque de respect ? Une marque des temps qui changent ? Lui ne s’était pas posé la question lorsque son père avait évoqué la reprise, sa voix était toute trouvée.

Gabin, lui, a d’autres aspirations. Il veut étudier, découvrir, se trouver…

Sur le papier ce sujet c’est à peu près tout ce que je recherche au cinéma, dommahe alors que le film m’ai laissé un aussi petit souvenir.

On suit Gabin de l’enfance jusqu’à l’âge adulte et ses parents alentours, eux aussi portés par la quête de sens de leur fils. C’est beau et ça méritait un traitement peut-être plus poussé.

Sanguine, séance de minuit

Depuis Grave, je me surprends à apprécier le cinéma de genre.

À sa sortie, je qualifiais ce film de “cru, vénéneux, âpre, direct et sans faux-semblant”, et je repense encore avec plaisir à cette découverte cinématographique finalement assez rafraîchissante.

L’an dernier, The Substance est venu raviver ce sentiment. La preuve qu’un cinéma radical, viscéral et frontal peut aussi être porté par une véritable vision de mise en scène.

Cette année, poussée par la curiosité, j’ai donc découvert Sanguine, présenté à Cannes en séance de minuit.

Et quelle déception.

N’est pas Julia Ducournau ou Coralie Fargeat qui veut.

Tout, ou presque, m’a laissée à distance. Et cela m’ennuie de l’écrire, tant j’aime défendre un cinéma qui tente, qui ose, qui déborde parfois. Mais ici, l’outrance semble n’exister que pour elle-même.

C’est laid. Pas laid au sens d’un geste esthétique volontaire, pensé pour déranger ou provoquer un malaise fécond. Non : laid dans son image, dans sa manière d’appuyer chaque effet, dans cette volonté permanente de choquer sans jamais véritablement raconter.

Le film semble confondre violence et intensité, crudité et profondeur. Là où Grave ou The Substance parvenaient à faire émerger du trouble, du désir, du corps et même du politique, Sanguine donne l’impression de tourner à vide, prisonnier de ses propres démonstrations.

Et pourtant, il y avait matière. Le film tente de parler du corps, du regard porté sur lui, du féminin, de l’instinct, peut-être même de la rage contemporaine. Mais rien ne prend réellement forme. Le récit se disperse, les personnages restent à l’état d’esquisses et la mise en scène peine à dépasser le simple exercice de style.

Reste malgré tout cette curiosité propre aux séances de minuit cannoises : celle de voir émerger des objets cinématographiques imparfaits, excessifs, parfois ratés, mais qui témoignent d’un désir de cinéma.

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