AMHA (A Mon Humble Avis), Festivals de Cinéma

Une femme du monde

Posted by Barbara GOVAERTS

Laure Calamy est une grande actrice. Nous le savons depuis quelque temps déjà. Elle a débarqué de quasiment nulle part pour égayer de sa présence solaire la série 10 pour cent. Depuis son énergie et son allant n’ont de cesse de nous épater.

Toujours à la lisière du « trop plein » elle parvient, je trouve, à se glisser dans la peau de ses personnages avec une possibilité de transcendance assez incroyable.

Elle incarne ici le rôle d’une femme, mère de famille célibataire qui élève seule son fils adolescent.

Elle se prostitue. C’est là son activité professionnelle. En indépendante, et elle y tient à cette indépendance. Comme le serait une coiffeuse à domicile (la profession que son fils invente lorsqu’il est question de remplir des documents officiels). Elle y tient et se bat justement pour que soit reconnue sa profession et la façon dont elle la gère, et mettre fin aux abus en tout genre dont sont victimes ses consœurs africaines obligées de reverser leur salaire à leur exploitant, pour une vie de misère et de peur.

Elle, est fière de payer son loyer, des impôts et veut, quoi qu’il en coûte, parvenir aux besoins de son foyer.

Laure Calamy est bouleversante dans le rôle de cette mère sacrificielle qui donnerait tout pour que son fils puisse intégrer l’école de ses rêves. Elle se démène pour mettre un terme au déterminisme social qui les accule. Est-il seulement possible d’y échapper ?

Digne et solaire, Laure Calamy donne du souffle à ce film social digne des grands fils du neo réalisme, qui ne laisse pas indifférent tant il dit et montre, frontalement, le quotidien de laissés pour compte (ceux n’ayant pas le droit à un crédit, à une avance ou à un délai…) Ces mêmes humains n’ayant alors que pour seule arme, leur corps.

Son port altier et son imper doré ne font qu’amplifier la hargne salvatrice qui est la sienne, et son envergure. Marie (Laure Calamy) est de ces grandes dames que l’on remarque. De ces femmes que l’on oublie pas.