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Triangle of sadness (sans filtre) – Palme d’or

Posted by Barbara GOVAERTS

Triangle of sadness (Sans filtre en français) était donc présenté en compétition officielle et a reçu samedi la distinction suprême : la Palme d’or.

Ce film faisait partie des films que j’attendais. ll est signé Ruben Ostlund devenu maitre dans l’art de nous mettre mal à l’aise.

Je me souviens encore de son premier film Snow Therapy évoquant le chaos dans lequel tombait une famille unie après que la père de famille l’ait joué perso un jour d’avalanche, ne pensant qu’à sauver sa peau et pas celle de sa femme et de leurs enfants. Une descente aux enfers pour cette famille en perte de rePERE.

Son second film, The Square, fut palmé et nous donnait à voir une réflexion sur la pudibonderie de nos sentiments et de nos actions face à la société qui nous entoure. Quid de nos belles idées d’humanisme dès lors que nous sommes confrontés aux réalités du quotidien ? Grinçant et bien mené.

Son troisième film, est une ode amer et pleine d’acrimonie pour dire cette éternelle lutte des classes. Des riches et des pauvres sont sur un bateau, tous tombent à l’eau : qui survit dans la jungle contemporaine ?

Le réalisateur déjà palmé n’y va pas par quatre chemins et se risque à aller vers un certain humour scatologique pour dire le pourrissement d’une situation sociale qui s’envenime. Les riches, toujours plus riches se perdent dans des considérations débiles tant ils évoluent dans un monde surfait qui les rend hors sol. Dénués de tout sens des réalités, ils en oublient d’être humains et sont dépeints tels des robots lobotomisés incapables d’une quelconque réflexion ou d’une quelconque action concrète qui les sauverait pourtant d’une mort certaine !

Le réalisateur touche également les « influenceurs » : ces « nouveaux nouveaux riches » pas forcément riches d’ailleurs, dont le but n’est pas de faire fortune mais dont le but est de se faire inviter, gâter de toutes les façons possibles : des nouveaux pic assiettes version 4.0 en somme !

Oslund ne leur épargne rien et pas même l’embarras de se faire punir par les pauvres, alors encore en capacité de leurs moyens et en phase avec le monde, avec ses réalités. Eux sont aptes, et puissants dans leur (relative) faiblesse.

Les derniers seront les premiers !

Le film bien que caricatural sur bien des points et sur cette retranscription de la vision et du comportement des riches et des pauvres, regorge d’idées de cinéma et n’est pas lisse pour autant. Il dérange, démange autant qu’il frappe fort et est vif quant à sa conception du sujet à savoir : montrer les bassesses de l’humain, dans un monde où les apparences ont pris le dessus. On ne s’embarrasse plus de grandes pensées profondes mais on « profite », on papote, on a des échanges légers et on papillonne. C’est là tout le message du film qui parle clairement et avec pessimisme de la situation du monde (un capitaine totalement à l’ouest et nullement aux commandes, incapable de mener à bien sa mission) et du chaos intellectuel et moral de notre époque. 

Le film sera en salles en septembre.

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