AMHA (A Mon Humble Avis)

Plouf

Posted by Barbara GOVAERTS

Certains diront sans doute que c’est là tout le risque de se frotter à l’adaptation d’un classique (La Piscine de Jacques Deray). Fausse excuse. Je pourrais vous citer des tas d’exemples d’adaptation qui se sont soldées par des succès. Seulement là, il y a ce « je ne sais quoi » qui fait que le film agace et déçoit.

A commencer par les acteurs et surtout par Ralph Fiennes. C’est un rôle certes mais je pars du principe qu’au-delà du rôle aussi désagréable ou malsain soit-il, le personnage tel qu’il est incarné doit me plaire à minima. Il doit y avoir une connexion et là, mis à part le fait de vouloir lui foutre la tête sous l’eau dès le premier quart d’heure je n’ai trop rien ressenti d’autre.

Tilda Swinton que j’aime énormément par ailleurs, m’a totalement insupportée dans le rôle de cette séductrice mutique aux longues jambes (et magnifiques tenues). Elle n’est jamais dans la retenue alors qu’elle l’est puisqu’elle ne peut pas parler (elle est en rehab de paroles après une opération des cordes vocales). J’ai trouvé que rien de naturel ne ressortait de son jeu. A trop se la jouer distante et grande séductrice, elle perd en naturel et en séduction justement et ça va à l’encontre de son rôle.

Matthias Schonaerts que j’ai par ailleurs rencontré à l’issue de la projection est charismatique – oui – mais manque de charme, de classe surtout. C’est une attaque assez personnelle j’en ai conscience et la regrette déjà mais elle dessert son personnage lui, pour le coup, en retrait mais bien maîtrisé, doux et dur, c’est un tendre rebelle et ça, je dois dire qu’il parvient à bien l’incarner. Et que dire de Dakota Johnson (50 shades of grey) qui a le charisme d’un mollusque. Non vraiment je n’ai pas pris plaisir à partager deux heures de ma soirée avec ce quatuor.

Le film se veut rock et sensuel lorsqu’il est juste pénible et pas incarné du tout.

Par ailleurs, le film reprend la trame de l’original et prend la liberté de fixer l’intrigue à Lampedusa avec en arrière fond, la question de la place des migrants sur cette terre européenne peu propice à l’accueil. C’est là un sujet phare mais qui m’a semblé tomber totalement à plat. Quel est le lien entre ces quatre personnes égocentrées et ces hommes et femmes emmurés en attente d’une entrée officielle sur le territoire ou d’un retour au bercail ? Le manque de communication nous dira le réalisateur sauf que mouai… pas vraiment convaincue. Le sujet n’est à aucun moment creusé et pas vraiment induit non plus. J’ai eu la sensation d’un sujet d’actu plaqué là dans un film frivole.

Par contre le film compte son lot de lourdeurs plus qu’induites comme cette musique – très bonne au demeurant – mais présentée de façon lourde et jamais vraiment subtile. Le drame arrive, la musique s’excite… oui on a saisi merci. Un peu de mesure aurait été bien vue.

Cette scène de départ à l’aéroport et de règlement de compte entre Tilda (la vieille) et Dakota (la jeune) mais au secours ! Comme c’est lourd !

Une chose à sauver c’est cette chaleur des nuits d’été qui transparaît totalement à l’écran et qui m’a beaucoup plu. Je me suis sentie inondée par le soleil et par les chaudes nuits estivales et c’est au moins ce que l’on peut exiger d’un film qui évoque l’idée d’un plongeon en eaux turquoises.

Cela dit, mon conseil : (re) voyez the one and only, La Piscine starring Romy et Alain.

Ceci étant dit, on peut clairement se languir de l’arrivée de ces fameuses nuits estivales plus que de la sortie sur nos écrans de A bigger splash (le 6 avril prochain).

Attention aux plats !

 

1 Comment

  1. paule

    Mais tu deviens sévère tel un critique professionnel de cinéma. Je n’ai pas vu le film bien sûr et reverrai avec plaisir la piscine pourquoi pas le 6 !!!

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