AMHA (A Mon Humble Avis)

On a tous les âges à la fois

Posted by adminBarbara

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Le dernier bijou cinématographique en date, vous voulez le connaitre ? Je vous le donne en mille, c’est un film français dont le titre et le pitch peuvent sembler de prime abord réducteurs… il n’en est rien.

Camille redouble est une comédie douce-amer (je n’ai peut-être pas eu la réaction la plus normale car, certes j’ai beaucoup ri, mais j’ai également été touchée, très touchée et émue par cette histoire) qui vient nous rappeler qu’il est parfois bon de se replonger dans le passé afin de mieux apréhender le présent et le futur, et surtout que la vie se vit aujourd’hui et maintenant.

L’avis général veut qu’on laisse le passé là où il est, à savoir derrière nous, enterré. Mais plus on avance dans la vie plus on se rend compte que ce n’est pas si simple que ça. Le passé est notre armure, notre béquille qui nous aide et nous supporte dans un présent parfois tumultueux. Semblables aux fondations d’une maison, si les bases s’avèrent être faites d’argile, il arrivera alors forcément un jour où le tout collapsera.

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C’est ce qui arrive à Camille, quadra paumée, sur le point de divorcer et accessoirement alcoolique. Elle semble n’avoir pas vérifié ses fondations depuis un bon moment. La vie est passée depuis quelques années sans qu’elle ne s’en saisisse. Elle donne l’impression d’avoir laissé couler… Le jour arrive alors où elle réalise qu’elle est sur la pente descendante, qu’elle ne maîtrise plus rien et que tout autour d’elle s’éfondre. Une seconde chance va alors lui être donnée, elle va, l’espace d’un instant, revenir dans le passé et revivre l’année où son destin a basculé, ses 16ans.

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Vous en conviendrez, c’est là un scénario déjà vu, vu et revu et l’on pouvait s’attendre à une énième variation sur le sujet. C’etait sans compter sur le réel talent de Noémie Lvovsky qui vient ici magnifier le sujet.

Je suis encore toute chose devant l’histoire d’amour qui unit Rémi et Camille… (Ndlr : Samir Guesmi et Noémie herself jouent les personnages à l’âge adulte mais aussi dans le flashback, c’est à dire à l’âge de 16 ans). Jouer à l’écran des sentiments doit déjà être une chose intense mais jouer les sentiments d’ado lorsqu’on a 40 ans en est certainement une autre et c’est là le géni (le mot n’est pas trop fort) des acteurs qui parviennent à nous faire oublier leur âge. J’ai ressenti cette petite boule au ventre que j’avais lorsque j’avais 16 ans et que tous ces sentiments, ces émotions se mélangeaient en moi. En clair, l’adolescence qui est peut-être l’âge le plus ingrat de toute une vie, cet « entre deux âges » est analysé et joué avec brio et permet d’en ressortir toutes les contradictions.

Mais le film vient mettre le doigt sur un autre angle encore plus marquant. Que ferions-nous si nous étions amenés à revivre tout ou partie de notre vie ?

En ces temps difficiles où une telle pression est mise sur nos épaules (peur du chômage, crise, fin du monde et j’en passe…) il pourrait être tentant de connaitre « la suite » afin d’avancer de façon plus sécurisée et paisible… Mais imaginez donc ! l’angoisse que procurerait le fait de savoir que vous allez rencontrer telle personne tel jour à telle heure ou encore pire : que tel accident va vous arriver tel jour à telle heure. Ce n’est pas une vie ! Plus aucune surprise juste une attente passive… et mortelle.

Par cette métaphore, Noémie Lvovsky vient nous rappeler l’importance de toujours garder le contrôle de notre vie dont nous sommes seul maître à bord, le seul capitaine. Cette phrase m’a d’ailleurs marquée dans le film : « on choisit sa vie, à chaque instant ». Comme c’est vrai !

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Le film, réalisé sur le même modèle que les « teen movies », rejoue les codes de la comédie avec ce supplément d’âme certain, et surtout ce jeu d’acteur impeccable, et ce, pour tous les acteurs du film sans aucune exception. Quel plaisir de retrouver la bande des « Beaux gosses », Denis Podalydes, toujours parfait, et Mathieu Amalric en prof aigri et pervers !

Enfin, ce film nous offre une bande originale délicieuse qui reprend les meilleurs tubes des années 80 mais aussi et surtout cette chanson qui me tient particulièrement à coeur.

   

C’est maintenant que se joue la vie !

Et pour conclure ce post sur une note encore plus enjouée, je dirais que le cinéma français nous offre la certitude d’un avenir radieux et prolifique avec une troupe d’acteurs / réalisateurs pareils.

Est-il encore possible de dire que le cinéma français n’a rien à nous apporter ? Certainement pas BFSC qui défendra toujours le cinéma vrai, ce cinéma qui nous parle de la vie, de notre vie.

 

 

 


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