AMHA (A Mon Humble Avis)

Nomadland

Posted by Barbara GOVAERTS

Les grands espaces américains, un sujet social poignant, Frances McDormand, trois Oscars…

Pourquoi alors avoir cette désagréable sensation d’avoir subi le film ? « Subi », le terme est sans doute un peu fort, il a en fait glissé sur moi sans que ne n’accroche à aucun moment. Et je me demande si ce n’est pas pire encore.

Si j’aime le cinéma, c’est pour les sensations que le film et la séance m’apportent. Pour rire ou pleurer, pour être énervée même parfois mais jamais pour être « neutre ». Rien de pire que ce baromètre qui ne varie pas d’un pouce et d’un film qui ne vous prend à aucun moment.

Ici, rien des grands espaces – pas si bien filmés que ça – ni de Frances McDormand, ni encore des acteurs non professionnels (qui jouent dans le film leur propre rôle) ne m’ont touchés.

Alors oui le film montre un exil du libéralisme qui pourrait agir telle une bouffée d’air dans nos poumons usés par les dérives de ce système qui semble gangréner le monde et favorise très clairement les disparités et les inégalités en tous genres.

Oui le film pourrait être cette bouffée d’oxygène qui nous invite à profiter des grands espaces américains. Mais il sonne finalement plus comme une sorte de plaquette imprimée.

Et puis Frances McDormand. Elle est juste, ça oui. A chaque instant. Elle ne tombe jamais dans la facilité du pathos. Elle est grande. Mais là également, je suis restée en retrait de son deuil, de son histoire, de sa lutte.

Où est la vie, le sentiment de fusion, l’alerte dans ce film ? Tout dans le scénario dit la volonté de dire les dérives d’une société américaine rongée par le capitalisme mais rien n’en ressort comme tel. Neutre et donc décevant.