AMHA (A Mon Humble Avis)

Nightcall

Posted by Barbara GOVAERTS

Oui il y a du Drive dans ce Nightcall. Nous sommes face à un film de genre – mais quel genre d’ailleurs ? Sommes-nous face à un film d’action pur, face à un thriller ? Rien n’est moins sûr et rien n’est plus difficile que de catégoriser ce film. Ça tombe bien puisque ce n’est pas du tout le point de focus !

Ce qu’il faut déjà noter c’est cette atmosphère nerveuse, tendue et subtile.

Tout cela à l’image d’un scénario et d’une réalisation maîtrisés de bout en bout. Je ne compte pas les scènes sublimes qui peuplent le film, rythmées, qui s’emboîtent parfaitement et donnent une trame dense et complexe à l’histoire.

Le pitch peut-être ? Un jeune homme solitaire en manque de travail et de sensations fortes se lance dans la vente d’images à sensations qu’il filme sur les lieux même d’accidents tous plus horribles les uns que les autres et autres scènes de crimes. La chasse au scoop et au gore n’a alors plus de frontière.

Ensuite, il y a Jake G (oui, difficile à écrire son nom tout de même…) sans qui, j’ose l’affirmer, le film n’aurait pas cette teneur. Je l’ai trouvé parfait dans le rôle de ce pseudo psychopathe manipulateur au possible et prêt à tout (mais vraiment à tout) pour parvenir à ses fins. Il est brillant de nervosité et de complexité. Il a ce sens de la prise en main des situations comme peu de gens l’ont. Il insuffle à son personnage une dimension très complète qui m’a amenée à ressentir pour lui des sentiments variés. J’ai eu tantôt de la peine (au tout début du film lorsqu’il peine à trouver un job et qu’on le sent en marge de la société), du respect (pour sa façon de se démener pour trouver un job, apprendre vite et se surpasser) puis bien évidemment du dégoût et de la « presque » haine pour ce qu’il « devient » (ne l’a t-il pas toujours été ?) après la seconde moitié du film.

Il nous donne au passage des leçons de management, de com’, de gestion d’entreprise, de self esteem (et j’en passe) comme on en trouve peu dans les livres ! C’est bien clair, il m’a fait penser à un gourou, à ce genre de personne dont on sent qu’il / elle est prêt(e) à tout pour parvenir à ses fins au risque d’endoctriner les gens dont il a besoin, les gens qui l’entourent – sans barrière, aucune. L’ambition à outrance en somme, atteignable au péril de la vie de tierces personnes. Oui, c’est à ce point.

Cet homme est incroyable et balaie lors de chaque passage tout ce qui se trouve sur son chemin. La relation qu’il instaure avec la directrice des informations de la chaîne avec laquelle il collabore régulièrement en est l’archétype. Il faut voir le lien pervers qu’il parvient à installer avec cette femme de pouvoir (au début du film). La manipulation est palpable dès le premier échange et atteint son apogée dans l’une des dernières scènes du film lors de la diffusion du dernier reportage. La tension entre eux est palpable, tension comparable à une vraie tension sexuelle basée sur des sentiments ambigus qui incluraient soumission et pouvoir, domination et menace. Du lourd !

Le tout donne un film vibrant sur notre monde actuel où seul le profit compte. Le profit personnel qui s’obtient au détriment de tout ce qu’on a pu nous apprendre ou de tout ce qui découlerait d’une façon de penser et d’agir, simple et honnête.

Il est par exemple question de travail en groupe sans pour autant que chacun des membres y trouvent leur place. On est au cœur de cette société qui a poussé l’individualisme à son apogée et qui a créé des monstres prêts à tout pour le pouvoir, pour l’argent et la reconnaissance (si ce n’est pour la gloire et la notoriété).

Oui, il est question de cette société (poussée à l’extrême) qui ne prend plus le temps d’analyser quoi que ce soit mais qui se contente de « rejeter » des tronçons d’informations bruts et sans fond. Au péril des gens, rien de moins.

Et tout cela pour l’argent. Mais où est la morale ?

Une vraie réussite dans le genre.

 

https://www.youtube.com/watch?v=P7l76OQVjRQ

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