AMHA (A Mon Humble Avis)

Lorsque le cinéma dénonce le problème du mal logement

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Vous l’aurez sans doute compris, j’ai à coeur de montrer que le cinéma a un ancrage direct dans la société.

Un film quel qu’il soit – comédie ou drame – traitera toujours d’un sujet qui a trait à l’actualité. Par définition le cinéma nous touche parce qu’il nous parle, parce qu’il répond partiellement ou plus concrètement aux questions que l’on se pose, et aborde les sujets qui nous touchent : relations amoureuses, amicales ou familiales et humaines tout simplement, travail, maladie et parfois d’autres thèmes sociaux plus précis. C’est d’ailleurs ce que nous propose depuis quelque temps le cinéma français principalement avec des films comme Intouchables (que l’on ne présente plus), Toutes nos envies, Une vie meilleure et Louise Wimmer en abordant des sujets comme le chômage, le surendettement, le mal logement.

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Alors qu’Eric Cantona (d’ailleurs acteur à ses heures) faisait ce matin la une de Libé en appelant les maires de France à faire du logement la priorité de la présidentielle, Louise Wimmer un film coup de poing est actuellement en salle. Il ne parle non pas des SDF mais des mal logés, des sans domiciles fixes à proprement parler. Quelle différence y a t-il me direz vous.

Elle semble grande. Louise est vue comme étant chanceuse par l’assistante sociale qui gère son dossier car elle a déjà un toit : le toit de sa voiture en l’occurence. Oui Louise vit dans sa voiture. Imaginez, quand elle ouvre les yeux (si tant est qu’elle les ai fermés) c’est un parking qu’elle a pour seul horizon avec en bruit de fond les annonces incessantes de la gare avoisinante.

Louise se bat, enchaine les petits boulots et paufine son dossier afin d’obtenir un logement. On est littéralement emporté dans cette quête, dans cette lutte quotidienne.

On est touché par les pas lourds et fatigués de cette femme, par sa force et sa faiblesse à la fois et par sa non résignation. La caméra nous donne des sueurs froides en ne filmant que les yeux de Louise dans le rétro, et nous donne l’impression qu’elle va avoir un accident à chaque fois qu’elle prend le volant. Mais elle gère Louise, elle prend cette vie à bras le corps et ne recule devant aucun obstacle.

J’ai été très marquée par la force incarnée de cette femme. Elle fonce, elle n’a rien à perdre et tout à (re)gagner. Et si elle refuse de communiquer et de partager ses états d’âme, elle exprime par sa façon d’être une force inégalable, que seuls ceux qui connaissent la souffrance peuvent dégager. Elle fait tout pour garder la face. Les scènes de toilettes et/ou de maquillage sont d’ailleurs extrêmement touchantes. C’est là tout la symbolique de sa volonté de garder le contrôle malgré tout.

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Et lorsque finalement, Louise obtient son HLM, c’est un ravissement inexplicable. Comme si l’on trouvait la maison de nos rêves. Enfin, elle va pouvoir vivre et non plus survivre et avoir son lieu de vie.

Ce film simple et sans pretention a déjà pour principal atout de nous présenter une grande actrice mais aussi de nous faire réfléchir à notre condition. Le plaisir de pouvoir prendre une douche le soir en rentrant du travail, le bien être procuré par le fait de savoir que l’on rentre chez soi… la vie dépend de peu de choses et une de nos missions est de savoir apprécier ce que nous avons.

Louise Wimmer / Corinne Masiero me l’a rappelé ce soir.

 

 

 


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