Et soudain je passe du rire aux larmes

Et soudain je passe du rire aux larmes

La famille c’est compliqué. On ne se comprend pas toujours, on se dispute souvent et c’est bien connu : les gens que l’on aime le plus sont ceux qu’on fait le plus souffrir.

D’autres me diront que la famille c’est la possibilité de s’épanouir au sein d’une mini société : parmi des personnalités toutes différentes les unes des autres, parfois même la possibilité de cotoyer des milieux et univers culrurels variés.

La famille est en fait la base de l’apprentissage de la vie en groupe et permet de savoir trouver sa place dans une société pas toujours tendre et accueillante.

Il est clair que notre société nous impose d’être fort, combattant et surtout de savoir où l’on va. On a souvent l’impression qu’il n’y a pas de place pour les indécis, pour les fragiles et pour les paumés. Il est indispensable de savoir ce que l’on veut, de se positionner dans un monde où tout va vite, de savoir quelle voie professionnelle l’on choisit et surtout de ne pas louper le coche… autant dire qu’il n’y a pas beaucoup de place pour le laissé aller, pour la molesse ou pour le manque d’allant.

Alors, forcément pas toujours facile de trouver sa place et de prendre le temps d’apprendre à se connaitre, à s’accepter et à savoir ce que l’on veut vraiment.

Dans Et soudain tout le monde me manque, Justine, (Mélanie Laurent qui m’exaspère dans la vraie vie mais qui m’a surprise de justesse, de douceur et de candeur dans ce film) est justement paumée. Elle ne s’entend pas avec son père, ne voit jamais sa mère, squatte chez sa (demi)soeur, vivote dans sa vie professionnelle, et ne parvient jamais à s’engager avec ses mecs : bref une loseuse de la société « d’excellence et de performance » dans laquelle nous vivons.

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Justine n’aime pas qu’on lui demande son prénom lorsqu’elle va au Starbucks (bon ok je suis allée au Starbucks tout à l’heure et on ne m’a pas demandé mon prénom, je pense que cette pratique ne se fait plus mais on va dire que le film a été tourné il y a quelques années !) car elle n’a pas envie d’être fichée ou peut-être aussi parceque chez son père, qu’elle tente en vain de « tuer » (je parle de tuer le père au sens figuré), on a son prénom écrit sur sa tasse. Ce détail m’a marqué, il symbolise je pense toute la pensée du film : le but d’une vie n’est au fond que la recherche de la connaissance de soi et on parvient à cette connaissance en puisant au fond des yeux des gens que l’on aime. Puiser au plus profond des gens que l’on aime, sans doute Justine pourra t-elle y parvenir par le biais des radios en tous genres qu’elle fait des gens qu’elle aime…(très belle idée à mon goût et belle sympbolique).

Enfin, encore plus que la famille, ce film traite de la relation au père. Pas facile de se dire les choses, de se comprendre, de s’entendre…quand il faut déjà gérer tout l’amour que l’on se porte mutuellement. la relation père-fille est peut-être la plus compliquée dans la mesure où elle mèle tant de sentiments complémentaires et contradictoires. Le fait que le père de Justine devienne ami avec tous les ex de sa fille vient combler le manque voir l’absence de communication qu’il a avec sa fille.

Mention spéciale d’ailleurs à Michel Blanc (« le père ») simplement excellent, touchant et bluffant de justesse.

Le film aurait pu s’appeler « toutes ces choses qu’on ne s’est jamais dites » l’un des freins pricipaux de la relation étant clairement la pudeur… ce sentiment qui existe fort souvent entre un père et sa fille et qui nous empêche de nous dire les choses, se dire les choses juste simplement…et exprimer tous nos sentiments.