Deux moi

Deux moi

Un nouveau film de Klapisch porte toujours en lui une once d’attente. Peut-être encore plus pour moi (nous) qui suis (sommes) de la génération de « L’Auberge espagnole ». J’en ai des frissons en écrivant ces mots. J’aime peut-être plus encore « Le péril jeune » qui me replace directement au cœur de mes chères années lycées (« I just want to say hello to Barbara »…) La nostalgie heureuse et bienfaitrice. Celle qui nous permet de mesurer le chemin parcouru.

Depuis, chaque film de Klapisch me donne la sensation de suivre le chemin de nos vies, de nous accompagner. Une madeleine de Proust en somme. La force d’un cinéma générationnel. Et puis Duris…

Avec « Deux moi » Klapisch poursuit son incursion dans nos vies urbaines (de retour à Paris après un détour par la vie au cœur des Vignobles dans « Ce qui nous lie ») passe un message clair. Notre monde hyper connecté nous déconnecte des autres. Soit.

Le soucis c’est que le propos est amené lourdement. La plupart des scènes sont trop marquées, appuyées, stéréotypées. Je ne m’y suis pas retrouvée. Non seulement je suis passée à côté de l’émotion mais je n’ai pas eu d’empathie ou d’affection pour les deux personnages, ces êtres anonymes qui vivent en parallèle, se croisent chaque jour mais ne se voient pas.

Trop léger et jamais vraiment cinématographique. Jusque là ce que j’aimais dans le cinéma de Klapisch, c’était justement sa capacité à imbriquer de grandes histoires de cinéma sur une base de quotidien somme toute banal : le métro, les potes, les amours, les galères, les études, le boulot… la vie quoi !

Cette fois, il me semble qu’il reste en surface de cette quotidienneté sans jamais y apporter cette touche de rêve, sans l’ancrer dans une dimension plus grande qui donne tout son souffle à la Vie à la fois d’une banalité confondante et d’une grandeur extrême.

Ne reste ici que l’empreinte, froide et ankylosante de la solitude exacerbée des grandes villes. Cette ultramoderne solitude.

« Deux moi » me laisse au final avec ce sentiment d’avoir suivi une psychothérapie pour les nuls. Un ersatz de réflexion sociétale.

Reste alors Paris. Toujours bel et bien vivante, vivifiante. Cet écrin de Vie.