Festivals de Cinéma

BFSC à Cannes : troisième // Episode 9

Posted by Barbara GOVAERTS

La croisette et les festivaliers sont bien en forme. Je parlais de fatigue dans le dernier épisode mais vous savez aussi bien que moi que la fatigue engendre une tension telle que la personne n’est plus vraiment sous contrôle. En d’autres termes, les gens sont un peu foufous à ce stade et pas toujours contrôlables !

Les festivaliers et la croisette sont donc bien en forme et voilà qu’une mini crise d’hystérie a eu lieu ce mercredi soir avec la séance spéciale du tout dernier film de Gaspar Noé, Love, présenté en exclu à Cannes lors d’une séance de minuit. Ce film est présenté comme étant trèèèèèès sulfureux. Les initiés connaissant l’œuvre de Noé savent. Les autres, gare à vous ! Peut-être avez vous vu circuler les affiches du film, les officielles et les non officielles. Tout un buzz s’est créé autour de l’événement pour le plus grand frisson de tous. Alors que la température ambiante a baissé (je vous en prie pour ce point météo cannois !), l’ambiance est donc assez chaude sur le terrain de jeux du cinéma mondial.

Reprenons le cours des choses.

Alors on voit quoi à Cannes ?

Youth de Paolo Sorentino, en compétition officielle

  • Ah la beauté de la vie et de la jeunesse éternelle ! C’est exactement ce que filme avec brio Paolo Sorentino, réal italien bien connu de la croisette.
  • De Caunes n’a du rien comprendre au film (ou ne l’a pas vu et je ne sais pas ce qui est pire) en ne parlant que de vieillesse à Harvey Keitel (Le Grand Journal de Cannes). Car justement sous prétexte d’avoir choisi de filmer des « vieux », c’est en fait toute la fringance, la vitalité et l’entrain de l’humain qu’il nous donne à voir.
  • Chaque scène, chaque plan est un tableau. Rien de moins. Les corps nus sont filmés avec brio et virtuosité
  • Le film pose en fait la question de savoir ce qu’il advient de nos pensées, de nos créations (quelle qu’elles soient) après notre mort. Que reste t-il de la création lorsque l’artiste n’est plus là ?
  • Le film se regarde peut être parfois un peu le nombril mais c’est pour mieux nous emporter avec lui dans la merveilleuse histoire de la vie qui nous est ici contée.
  • Les acteurs Michael Caine et Harvey Keitel sont prestigieux. Je demande d’ailleurs un prix pour les deux
  • Ce film a lui seul représente la grandeur de l’art, la richesse de l’art, sa seule beauté et sa résonnance
  • La scène finale est sublime
  • Ma palme d’or

Love de Gaspar Noé, présenté en séance spéciale – séance de minuit

  • La scène d’entrée nous met dans l’ambiance en effet. Un homme et une femme se caressent mutuellement. La caméra filme tout. Oui TOUT. Et c’est non simulé !
  • On ne nous avait pas menti. Love n’est pas loin du « porno en 3D qui devait faire bander les mecs et pleurer les filles » que l’on nous promettait.
  • Les scènes de sexe à deux, trois ou plus sont filmées sans fard mais pas crument et c’est là toute la différence.
  • Je n’ai pas senti de gène dans la salle et autour moi lorsque le temps du debrief post séance a eu lieu
  • C’est là toute la maestria de Gaspar Noé
  • Moi je l’aime bien ce mec. Il se veut subversif et il sait l’être (oh que oui) mais au fond, c’est un cœur pur ce mec et surtout un cinéaste de renom
  • Il faut voir la grandeur visuelle du film : les couleurs, la photo (Monsieur Debbie, directeur de la photo, je suis definitly fan de vous)
  • Le rouge (mais d’autres couleurs également) inondent l’écran
  • Des écrans noirs viennent interrompre et entrecouper les scènes les unes après les autres comme pour nous permettre de reprendre notre souffle
  • Cela dit, le rythme du film est très calme : Gaspar nous conte ici avant tout une histoire d’amour qui se veut très sentimentale (c’est très bien je ne dis pas le contraire)
  • Et l’amour inonde en effet l’écran (parfois un peu trop d’ailleurs, oui j’ose le dire, j’ai risqué l’overdose d’amour passionnel sur la fin)
  • Le plan séquence de fin est superbe
  • Le tout donne une atmosphère très douce et veloutée, un comble pour un film qui compte autant de scènes de sexe.
  • Gaspar Noé me donne en fait l’impression d’être un peu le roi du « chill » avec ce film à la douceur et à l’âpreté parfaitement maitrisées.

 

Grandeur nature, docu sur Gérard Depardieu, hors compétition présenté dans le cadre de Cannes Classics

  • Ah Gérard ! Cet animal du cinéma, cet homme de cinéma, cette bête de scène.
  • Ce docu très minimaliste nous permet d’entrer dans la mémoire vive de notre Gérard national et je puis vous dire que derrière les caméras des médias c’est autre chose. Comme si l’on voyait enfin la sève de l’homme. Son vrai « lui intérieur »
  • Ce docu comporte des interviews de Gérard himself et d’autres de ses proches et de réal avec lesquels il a travaillé
  • En clair, Gérard est pour moi l’incarnation parfaite, la preuve qu’il y a bel et bien des choses, des dimensions que l’on ne maitrise pas. Il n’y a sans doute pas homme plus terre à terre que Depardieu mais émane de lui une aura, ce « quelque chose » qui le distingue de son voisin et qui le rend unique et vraiment au dessus de la mêlée.
  • Vraiment pour moi il est l’un des plus grands acteurs de tous les temps
  • Et j’avoue que ce docu sans fioriture est le film devant lequel j’ai versé le plus de larmes pendant ce festival. L’énergie et la force de la vérité sans aucun doute.

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