A la découverte du bon cinéma

A la découverte du bon cinéma

Ceux qui me connaissent savent que je suis plutôt du genre à explorer plusieurs types de films au cinéma… j’aime autant les blockbuster US, que les comédies ou drames français, les films historiques, parfois les films biographiques, avec tout de même un bémol pour la science fiction – mon côté très terre à terre !

Hier j’ai vu du bon cinéma et ai découvert (mieux vaut tard que jamais vous me direz) un grand homme du cinéma.

Laissez moi vous en dire un peu plus.

Je suis allée voir l’Apollonide, souvenir de la maison close et Habemus Papam.

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L’Apollonide raconte l’histoire de jeunes femmes prostituées dans un maison close située à Paris au tout début du 20ème siècle. C’est simple : le film nous donne l’impression que l’on visite une expo. Pendant 2 heures, c’est un défilé de robes superbes, de tissus, de coiffures… c’est clairement un film esthétiquement beau. Ajoutez à cela une BO tout juste splendide, vous ressortez de ce film émerveillé. Mais ce n’est pas tout. Derrière toute cette « mise en scène » il y a l’histoire, l’histoire de ces femmes que l’on croit protégées dans la mesure où elles sont confinées dans ce « cocon », certes elles ne sont pas dans le rue, livrées à toutes ses formes de violence et d’agressivité mais le métier reste le même, et l’on peut clairement voir sur leur visage toute la gravité de leur situation, tout le désarois et la tristesse qui est au fond de leur coeur.

Elles passent la journée à se souler et à cotoyer les mêmes hommes, elles se couchent lorsque le soleil se lève… le film est lent, sans pour autant qu’on ne s’ennuie mais la lenteur est là pour exprimer cette incapacité à aller de l’avant et à rêver d’autre chose… ces femmes n’ont pas vraiment de « perspective d’évolution », au mieux, un homme riche rachètera leurs dettes mais est-ce vraiment pour « du mieux »…

Le film est emmené par une BO divine qui apporte au film une atmosphère juste superbe. Jugez plutôt :

 

Retrouvez ici la bande annonce du film :

 

 

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Habemus Papam, un peu dans le même genre est un film qui se « visualise » j’entends par là, que c’est un film qui éveille nos sens : la vue (les costumes), l’ouie (la langue, la musique)… nos sens sont clairement en eveil de même que nos zygomatiques. Car oui, Habemus Papam est un film qui fait rire !

L’histoire est simple. Le pape tout juste élu par le conclave ne se sent pas à la hauteur de la mission qui lui est confiée et sombre dans une terrible dépression. L’Eglise, sans ressource, fait appel à un psychothérapeute.

De là, s’en suivent des séries de situations loufoques.

Vous l’aurez compris, la sujet est extrêmement bien traité. J’ai pensé à un autre chef d’oeuvre : Le discours d’un roi qui, à sa manière, traitait du même thème : comment peut-on / comment doit-on s’y prendre pour soigner un homme célèbre, un homme qui se trouve au dessus des lois. (le thérapeute du langage qui tentait d’enrayer la bégaiement du roi dans Le discours d’un roi, et ici : le psychothérapeute qui tente de venir en aide au Pape et de l’aider à lutter contre sa dépression.)

Mais le comique est justement situé à ce niveau là, comment le médecin peut-il bien faire son travail lorsqu’il lui est impossible d’évoquer quasiment tous les sujets nécessaires : le rapport à la mère, la sexualité, l’enfance…

Le film aborde donc tous les tabous de l’Eglise Catholique et c’est en cela que c’est une réussite : la peur des cardinaux qui ne sont nullement préparés aux tâches qui leur sont confiées, la prise de médicaments, la difficulté de la vie en vase clos…

Le Pape est joué par Michel Piccoli : grand monsieur du cinéma français. CERTES ! j’ai été épatée par cette prestance, cette force dans le jeu. J’ai aimé voir les yeux d’enfants de cet homme de 86 ans… Voici une interview de Michel Piccoli qui met en lumière toute la joie de vivre, l’humour et le dynamise de ce Monsieur : link