Souvenir cannois tout à la fois plaisant et ô combien douloureux. Ce film m’a offert un volte face comme rarement le cinéma le fait.
La première heure est géniale.
Géniale de mise en scène, de tension, de second degré aussi. Le film joue parfaitement avec nos nerfs et avec notre imaginaire.
Cette longue course-poursuite avec un monstre que l’on ne voit pas encore fonctionne extrêmement bien. Parce que tout repose alors sur l’attente, sur ce que notre cerveau projette et fabrique lui-même.
Le cinéma existe pleinement à cet endroit-là : dans ce hors-champ, dans cette peur que l’on construit presque malgré soi.
Et pendant cette première partie, le film tient réellement quelque chose. Une intensité. Une promesse.
Puis peu à peu, tout s’étire. La demi-heure suivante devient déjà plus laborieuse, comme si le film commençait à perdre le contrôle de sa propre mécanique.
Et celle d’après… je serais bien incapable d’en parler précisément puisque je me suis totalement désintéressée de ce qui se passait à l’écran. Au point de quitter la salle.
Non pas par provocation, mais simplement parce que l’expérience était devenue tellement pénible. Le film avait cessé de me tenir pour ne plus produire qu’une forme d’épuisement.
