Notre Steven revient à ses chers extraterrestres. Mais aussi à toutes ses autres marottes. Chez Spielberg, rien ne se perd, tout se transforme. L’enfance, les traumatismes familiaux, la foi, les secrets, les révélations : Disclosure Day apparaît presque comme la synthèse de toute sa filmographie.
Poussée par une envie de grand spectacle, je me suis régalée devant ce film à la fois hérité d’un autre temps et profondément ancré dans le présent. J’y ai retrouvé cette atmosphère propre au cinéma hollywoodien classique, capable d’être emphatique sans jamais perdre de vue son objectif : raconter une histoire et emporter le spectateur avec lui.
Ce que je retiens avant tout, c’est la capacité intacte de Spielberg à faire naître l’émotion. Une scène d’action spectaculaire est ici suivie, quelques minutes plus tard, d’un moment profondément humain qui m’a serré la gorge. Chez lui, l’humanité n’est jamais loin. Elle reste accessible, presque à portée de main.
Emily Blunt trouve ici un rôle à sa mesure. Présentatrice météo confrontée autant aux blessures de son passé qu’aux bouleversements du monde, elle apporte au film une énergie et une sincérité communicatives. On sent le plaisir qu’elle a eu à incarner ce personnage.
Car la question demeure, film après film : comment continuer à vivre, aimer et espérer dans un monde qui semble vaciller ?
Beaucoup trouveront sans doute tout cela un peu facile, parfois même cliché. Je ne suis pas certaine de leur donner tort. Mais il n’y a aucun mal à se faire du bien ! Et Spielberg demeure l’un des rares cinéastes capables de transformer ce classicisme en une expérience profondément réconfortante.
Au fond, ce que j’aime chez Spielberg n’a peut-être jamais changé. Ses films continuent de croire que les êtres humains sont capables du pire, mais aussi du meilleur. Que derrière le fracas du monde subsistent toujours des liens à réparer, des familles à reconstruire et une part d’émerveillement à préserver.
C’est sans doute naïf. C’est certainement sentimental. Mais à une époque qui valorise souvent le cynisme, je trouve réconfortant qu’un cinéaste continue de croire à la possibilité d’un peu de lumière.
