Ils sont forts, tous les deux. Même avec un film disons moyen, ils parviennent à proposer quelque chose de singulier et, surtout, à nous émouvoir, ce qui n’est jamais anodin.
Chez eux, l’humain est toujours au cœur du récit. Un humain tangible, ancré dans le réel : parfois dans la petitesse du quotidien, mais toujours dans une forme de grandeur. Ils ont ce talent rare de faire émerger le meilleur de chacun.
Si le film semble parfois manquer d’une véritable colonne vertébrale — un enjeu clair, un propos central pleinement assumé — il a néanmoins le mérite de nous replonger dans une époque révolue, pour mieux en restituer les réalités. Modes de vie, dynamiques familiales, rapport au travail, musique, esthétique… Sans jamais sombrer dans le simple catalogue nostalgique, il esquisse le portrait d’une époque tiraillée entre une certaine insouciance et la montée des inquiétudes : peur du chômage, tensions sociales, basculement des repères. En cela, le film trouve une forme d’incarnation juste.
Et jamais le propos ne devient pesant ou clivant. Au contraire, ils maîtrisent parfaitement l’art du collectif : les personnages existent ensemble, interagissent, vibrent dans une dynamique de groupe crédible et vivante.
De ce film se dégage alors une note plus subtile, presque en filigrane : celle de l’émancipation féminine. Elle passe notamment par le rôle délicat et nuancé de Sandrine, interprétée par Camille Cottin.
Satisfaction !
