AMHA (A Mon Humble Avis)

Le diable s’habille en Prada 2

Posted by Barbara GOVAERTS

J’avais assisté au premier film il y a vingt ans et j’en étais sortie enchantée. J’étais la cible, il faut dire : 24 ans, fraîchement débarquée de ma province pour étudier à Paris. Il ne m’en fallait pas plus pour me reconnaître, sans travailler dans la mode, dans cette Andy encore un peu brute mais déjà déterminée, prête à se faire une place dans cet univers impitoyable.

Me revoilà donc, vingt ans plus tard, au rendez-vous.

On connaît le sort réservé aux suites : elles ne sont pas toujours à la hauteur. Mais ici, je dois dire que je suis agréablement surprise.

Le film tient ses promesses, à condition de le prendre pour ce qu’il est : une comédie américaine pur jus, dans la plus pure tradition hollywoodienne.

Pas de place pour la subtilité ni pour une quelconque recherche artistique : ici, une seule chose compte : la performance, le succès au box office.

Et pourtant, l’ensemble est efficace et honnête. Ce second opus déroule sans surprise la mécanique du premier, sans prise de risque. La trame en reprend les codes, dans sa construction comme dans sa narration, et les personnages restent fidèles à eux-mêmes.

Là où le film tire son épingle du jeu, c’est dans l’attention portée à ses personnages. Il prend le temps d’en creuser les contours, notamment ceux de ses quatre figures principales. On retrouve une Miranda toujours aussi redoutable, mais plus consciente des évolutions de son époque, contrainte de s’entourer des meilleurs pour rester dans la course. Nigel, de son côté, comprend qu’il est temps de saisir les opportunités pour affirmer sa valeur et revendiquer sa place. Emily, fidèle à son mordant, laisse entrevoir une forme de lucidité nouvelle via une belle scène qui met en avant les valeurs de la sororité, celle de ne plus attendre ce que d’autres pourraient lui offrir, mais de se l’accorder à elle-même,

Et puis Andy. Toujours droite dans ses bottes, fidèle à ses valeurs, elle continue d’apprendre, des autres, du travail, des relations qu’elle tisse, et de diffuser autour d’elle une forme d’équilibre.

C’est tout cela, cette suite du Diable s’habille en Prada. Un film résolument calibré, sans doute, mais qui assume pleinement ce qu’il est, et qui le fait bien.

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