Festivals de Cinéma

Une journée ciné à Deauville

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Tout a commencé par un train pris tôt le matin. Me voilà donc dès potron-minet, débarquant en gare de Trouville-Deauville (pour la toute première fois d’ailleurs). Le ciné me fait définitivement voyager et découvrir de nouveaux endroits (Cannes, Deauville…) Je plonge alors dans un univers comme féérique, sans en rajouter, une brume épaisse nous empêche de voir à 10 mètres et un froid quasi glacial m’éteint alors qu’il faisait déjà presque chaud à Paris à 6h. Toujours est-il que rien de tout cela ne me perturbe, me voilà me dirigeant vers le CID, comprenez Le Centre International de Deauville : the place to be en ce dernier week end de Festival du Film Americain. Je traverse donc la ville, éteinte et presque morne. Les commerçants les plus matinaux commencent à balayer devant leur porte et à préparer leur devanture mais ce n’est que plus tard que je verrai la ville en eveil. Me voilà donc arrivée à destination quelque 20 minutes plus tard… là encore, quasi seule : à se demander si je ne me suis pas trompée d’endroit, de jour, d’heure… le lieu est désert !

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Je récupère cependant mon pass et quelques conseils au passage afin de gérer au mieux l’organisation de ma journée et ne pas perdre de temps.

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Me voilà donc en direction du cinéma club Le Morny : cinéma de la ville mis à disposition du Festival afin de visualiser mon 1er film : Compliance. Nous sommes à 1h30 de l’heure de projection du film et là encore, je le trouve seule dans la file. Lorsqu’un monsieur me dit que je peux revenir d’ici 45 minutes sans aucun risque de me faire voler ma 1ere place dans la file.

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Là, je réalise que Cannes, mon 1er festival, m’a bien formatté à l’attente, la fatigue, le bruit et que ce n’est pas vraiment le même rythme ici ! Pas de risque de s’attendre à une foire d’empoigne.

Je décide donc d’aller me boire un petit café pour me réchauffer puis reviens donc 45 minutes plus tard, après avoir fait mentir le monsieur qui m’avait renseigné, car je n’étais plus 1ere dans la file mais 3ème : toujours bien placée pour pouvoir entrer dans la salle tout de même ! Là, je retrouve l’ambiance propre aux Festivals. Les gens très ouverts qui se parlent facilement et échangent sur les films projetés en donnant parfois leur avis. Et puis c’est impression d’aller vers l’inconnue lorsque – comme c’est le cas justement – je ne connais rien à part le titre du film que je vais voir. C’est une réelle découverte.

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Ma première projection est Compliance, un film US (forcément !) indé qui vous scotche à votre siège.

Après avoir vu cette bande annonce, vous comprendrez peut-être mieux pourquoi..

Nous sommes plongés dans cette amérique en crise, cette amérique triste et inquiète pour son devenir. L’histoire est tirés de faits réels : un homme a passé environ 70 appels téléphoniques au hasard en se faisant passer pour un membre de la police et en manipulant ces interlocuteurs afin de les amener à commettre des actes de nature sexuelles. Ce film est basé sur la perversion et il est très étrange mais captivant dans ce sens ou on comprend très vite que ceci est un canular mais ce n’est pas le cas des personnages du film qui se retrouvent tous soumis aux décisions de maitre chanteur téléphonique. D’ailleurs, la salle, au même titre que moi, étions très dissipés pendant ce film car mal à l’aise… Génés pour ces pauvres gens qui, devant nous, se font avoir par ce type. C’est en cela que le film est intéressant et est une réussite à mon goût. J’ai beacoup pensé à Funny Games US. Ce film dérangeant au possible où deux jeunes gens chics et bien sous tous rapports détruisent une famille en les abaissant à toutes sortes d’humiliations et de souffrances.

Assez fascinant.
 

Me voilà ensuite de retour dans le centre ville afin de découvrir les lieux entre deux séances. La prochaine commençant à 14h 30, j’ai juste le temps d’aller jusqu’à la plage. Quel régal ! La brume a disparu pour laisser place à un soleil quasi de plomb… je me revois à Cannes avec mes deux occupations clés : attente et bronzing ! Me voici donc sur la plage, sublime et bien remplie.

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Le temps de prendre quelques photos et me revoilà dans le même file d’attente pour visionner Les Bêtes du Sud Sauvage, film que j’avais loupé à Cannes et dont j’ai entendu des retours plus que positifs – je me dis donc qu’il ne faut pas que je le loupe cette fois et pour cause… j’apprendrai en fin de journée qu’il a obtenu le Grand Prix du Jury ainsi que le Prix Cartier : autant dire qu’il a fait un carton.

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Et pour cause ! un bijou, un object filmique très fortement poétiquement identifié !! j’ai été engloutie (au bon sens du terme) par ce film dont le héros n’est autre qu’une petite fille de 6 ans vivant dans le Bayou avec son père malade. Une petite fille de 6 ans certes, mais une petite fille qui a oublié d’être bête comme dirait ma mère ! Elle dégage une énergie folle. Voyons les choses clairement, elle vit dans cet endroit qui menace d’être submergé par les eaux à tout moment, dans des conditions, qui pour nous seraient considérées comme déplorables… sans éléctricité, avec un sens de la propreté quasi désuet mais qui a dans le coeur l’essentiel et une envie d’aller de l’avant et de comprendre les choses de la vie comme personne. Son caractère est sa force, sa soif de vie et son tempéramment fonceur lui donneront alors la clé de toutes les réussites. Ce film est magique et féérique et je pèse mes mots. C’est un vrai cri du coeur qui nous fait réfléchir sur la place que nous prenons sur Terre, dans la vie en général. Nous – êtres humains, avons nous réellement raison de nous croire au centre de tout ? Certes nous avons développé des facultés qui nous permettent de prendre le dessus sur la nature, sur les animaux mais à quel prix et surtout : pour combien de temps ? Ce film, qui sous certains aspects, est un film écolo vient nous rappeler que la nature, que l’univers seront toujours plus forts que l’homme.
Oui, ce film, qui nous fait passer du rire aux larmes est à la croisée des chemins entre les films écolo et les films alarmistes sur fond de fin du monde que nous avons pu voir jusqu’à lors… avec ce grand quelque chose en plus.
Une merveille !

Enfin, là, pas de temps pour une balade, j’enchaine directement avec ma troisième et dernière projection : Your sister’s sister, dans l’autre cinéma mis à disposition du Festival : le cinéma du Casino.
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Là aussi, je ne connaissais rien du film que j’allais voir mis à part son titre et sa durée. Alors, lorsque je vois qu’Emily Blunt apparait à l’écran, c’est un bonheur car j’aime cette actrice vraiment beaucoup. Le film met l’accent sur la fraternité au sens propre du terme, sur les relations qu’entretiennent ces deux soeurs qui semblent comme seules au monde… sans parents ni autre famille. Plus largement, une triangulaire va voir le jour lorsque le meilleur ami de l’une d’elle va, contre son gré, jouer un rôle important dans la vie de chacune des deux soeurs. Cette comédie dramatico-romantique est une très belle surprise, pleine de charme qui vient nous rappeler l’importance de faire le point sur sa vie à des moments charnières comme la perte d’un proche, une séparation… et bien sur, rien n’est moins simple que de faire le point lorsque l’on souffre et qu’on n’a aucun recul sur la situation. C’est alors que les autres, nos proches – famille ou amis – viennent jouer un rôle clé.

Un moment de bonheur réel…

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Mais dis donc : à la vue de cette retrospective, on dirait que le cinéma US remplit ses promesses ! J’ai été bluffée par la maîtrise et la qualité des films que j’ai vus tant du point de vue du sujet, de la musique choisie que de la réalisation. Ils assurent niveau ciné ces américains, il est bon de le rappeler… Nuance importante : ils assurent dans ce créneau indé… je ne dirais pas toujours la même chose pour certains autres blockbuster aux thèmes redondants.

Il est 18h30, il me reste juste le temps d’aller déjeuner / dîner, de faire un tour dans les boutiques et de retourner à la plage pour voir le coucher de soleil (je sais je sais, sooo cliché !) pour ensuite me diriger vers la gare et reprendre mon train.

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Dans le train justement, l’ambiance du festival est toujours là puisque nous partageons le wagon entre festivaliers et coureurs cyclistes (j’apprends qu’il y a eu une course à Deauville). Là, semblable à une colo nous rions tous ensemble, je debrief avec une fille qui a fait le déplacement pour la journée, comme moi… puis revenons tous à nos occupations perso qui s’avère pour moi être la lecture du ELLE (je sais, je sais, sooo cliché encore mais que voulez vous, je suis un cliché !) dans lequel je tombe sur l’article de l’actrice / réalisatrice Noémie Lvovsky qui dit partager avec Arnaud Desplechin l’idée selon laquelle « voir des films apprend à vivre »… je ne peux qu’être touchée par cette phrase et acquiescer.

J’ai vécu une énième sacrée leçon de vie aujourd’hui, c’est certain.

2 thoughts on “Une journée ciné à Deauville

  1. Elo

    Je viens de lire cet article sur ta journée à Deauville, merci de nous faire voyager avec tes textes, tes photos et tes expériences cinématographiques ! La vie et le cinéma sont magiques et tu nous
    le fais bien partager 🙂

  2. Barbara

    merci Elo pour ce com’ fort sympathique ! C’est bel et bien mon but de partager avec vous mes aventures ciné, je suis donc plus que ravie lorsque je sais que le message passe et qu’en plus il est
    apprécié 🙂

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