Tu seras un homme mon fils

Tu seras un homme mon fils

Marvin est l’adaptation du roman d’autofiction En finir avec Eddy Bellegueule qui m’avait tant touchée, bouleversée même il y a quelques années.

Adaptation assez libre puisque si elle reprend quelques détails très précis de ce que nous racontait Edouard Louis, la réalisatrice Anne Fontaine fait le choix d’extrapoler ce que son auteur aurait pu nous raconter de son ressenti face à l’apprentissage de la vie qui fut la sienne au sein de la famille et du milieu social dans lequel il a débuté sa vie.

Le film retrace alors l’histoire de ce garçon – extrêmement  bien interprété par ce jeune acteur sobre, qui m’a tant touchée – ce jeune garçon malheureux d’être né dans une famille où l’on gueule plus souvent qu’on ne se dit des choses gentilles, au sein de la laquelle la culture est inexistante, ou l’on se balade en slip et où on bouffe des frites.

Ce n’est pas un soucis en soi et j’ai le sentiment de comprendre ce que peut ressentir Eddy / Edouard / Marvin : beaucoup d’enfants grandissent de façon très sereine et heureuse dans ce type d’univers. C’est juste que lui, portait en lui cette envie, ce besoin de douceur, de poésie, de mots doux sucurés à l’oreille, de tendresse et d’écoute.

Anne Fontaine le signifie à merveille et le tout m’a touché au plus haut point. La douceur du regard porté par cette principale de collège qui fut la porte de sortie de ce jeune homme, celle par qui la possibilité d’une autre voie se faufile et vient tout à coup fissurer le déterminisme social auquel il était voué.

Ça me bouleverse. Tu seras un homme mon fils ! L’Homme que tu choisis d’être.

Je vous parlais de Marvin sur Séance Radio le jour de sa sortie en salles